Les batteries « sales » pourraient être exclues du marché européen

Les commissaires Margrethe Vestager et Maroš Šefčovič.

Les batteries qui ne répondent pas à des normes écologiques strictes pourraient être bannies du marché européen, a prévenu le vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič. L’exécutif européen prévoit d’allouer 3,2 milliards d’euros d’aides d’État à des projets endogènes.

Dans le cadre de son alliance pour les batteries, l’UE planche sur l’élaboration de normes environnementales concernant les accumulateurs. Ces dispositions devraient lui permettre de s’approprier une part de marché d’une valeur potentielle de 250 milliards d’euros.

Lundi 9 décembre, Maroš Šefčovič a annoncé à la presse que les importations de batteries en provenance d’Asie du Sud-Est pourraient être exclues du marché européen si elles ne répondaient pas à un certain nombre de critères.

Interrogé sur les conséquences que pourrait entraîner le changement de cadre juridique, le commissaire a confirmé que celui-ci pourrait se traduire par l’exclusion de certains fabricants : « S’ils ne respectent pas les normes, alors oui [ils pourraient être exclus du marché européen] ».

« Nous devons impérativement nous aligner sur les autres économies et sur les autres marchés, il nous faut respecter leurs normes », a-t-il ajouté.

La liste de critères écologiques que les batteries devront respecter portera aussi bien sur la durabilité des matières premières utilisées pour la production, que sur la propreté de l’énergie utilisée au cours de la fabrication.

Les législateurs européens ont pris conscience que l’Union n’était pour l’heure pas en mesure de concurrencer les importations en provenance de Chine et de Corée en termes de prix et de volume, ils ont donc mis l’accent sur l’aspect environnemental afin de tirer parti de la demande croissante concernant l’électrification.

« Bien sûr, nos concurrents asiatiques ne dorment pas. Ils voient ce que nous voulons faire de cette alliance. Le travail sur les normes est important : si vous voulez vendre ici, vous devez les respecter », a-t-il ajouté.

Le 9 décembre, la Commission a également annoncé qu’elle avait approuvé l’octroi de 3,2 milliards d’euros d’aides d’État à des projets concernant les batteries dans sept États membres : la Belgique, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la Suède. Tous avaient fait acte de candidature plus tôt cette année.

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Ces sept pays ont présenté une série de projets soutenus par 17 entreprises, dont BMW, Enel X et Umicore, dans le cadre du programme IPCEI (Important Project of Common European Interest) de l’UE.

La liste des idées « ambitieuses et risquées » va de l’approvisionnement en matières premières et de leur utilisation dans les batteries jusqu’au recyclage et à la réutilisation de ces dernières. Les projets devraient durer jusqu’en 2031.

« L’accent que nous mettons sur l’intensification de l’innovation dans le cadre de l’alliance européenne pour les batteries nous permet d’établir de solides partenariats industriels. Grâce aux efforts intensifs de sept États membres, de l’industrie et de la Commission, le premier grand écosystème paneuropéen concernant les batteries en Europe est en train de voir le jour », s’est réjoui Maroš Šefčovič dans un communiqué.

Sa collègue Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la concurrence, a joué un rôle important dans l’affaire en accordant la bénédiction de la Commission à l’IPCEI, qui est coordonné par la France.

« Nos IPCEI permettent aux pouvoirs publics et aux industries de plusieurs États membres de se réunir et de concevoir des projets d’innovation ambitieux ayant des retombées positives sur les secteurs industriels et les régions », a déclaré la Danoise.

« L’aide approuvée permettra à cet important projet d’aller de l’avant sans générer une distorsion de la concurrence », a-t-elle ajouté.

Selon les estimations, l’Allemagne sera le principal bénéficiaire des aides d’État octroyées, Berlin ayant l’intention d’injecter plus d’un milliard d’euros dans divers projets. La France a pour sa part prévu d’investir environ 960 millions d’euros.

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Les 3,2 milliards d’euros de l’UE devraient drainer 5 milliards d’euros supplémentaires provenant d’investissements privés. Grâce à ces fonds, deux méga-usines de batteries seront construites.

Interrogé sur l’usage que les États membres allaient faire de l’argent de l’UE, et en particulier si celui-ci allait être directement investi dans les projets, Maroš Šefčovič a répondu qu’il était possible que certains gouvernements nationaux réorientent des fonds structurels pour faire face aux dépenses.

L’industrie des batteries pourrait recevoir un autre cadeau de Noël anticipé de la part de la Commission, car un autre IPCEI, coordonné cette fois par l’Allemagne, présentera les détails de sa proposition avant la fin de l’année. Le processus d’approbation devrait cependant durer quelques mois au minimum.

Ce paquet impliquera 12 ou 13 États membres et 50 bénéficiaires directs en profiteront.

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