Beurre de cacahuète et jus d’orange américains dans le viseur de l’UE

Cecilia Malmström [European Commission]

Bruxelles menace de s’en prendre au beurre de cacahuète, au jus d’orange ou au bourbon, le whiskey américain, si Donald Trump persiste à s’engager dans une guerre commerciale.

Pour la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, une guerre commerciale transatlantique « n’est dans l’intérêt de personne ».

« Nous ne voulons pas qu’il y ait d’escalade », a-t-elle déclaré aux journalistes le 7 mars. « Nous ne voulons pas que cette situation devienne disproportionnée, mais si cela arrive, nous devrons prendre des mesures pour protéger les emplois européens. »

« Certains types de bourbons sont sur la liste ainsi que d’autres produits comme le beurre de cacahuète, les canneberges (cranberries), le jus d’orange », a ajouté la commissaire.

L’UE envisage aussi des mesures de protection de son industrie : limiter les importations d’acier et d’aluminium de l’UE pour éviter qu’elles n’envahissent le marché européen, ce qui est autorisé dans le cadre des règles de l’organisation mondiale du commerce (OMC).

Donald Trump prévoit d’imposer une taxe de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium pour contrer les importations à bas prix, notamment venues de Chine, qui selon lui sapent l’industrie et l’emploi aux États-Unis. Le 6 mars, Donald Trump a critiqué les règles commerciales européennes et menacé d’augmenter certains droits de douane, soutenant que l’UE avait mis des bâtons dans les roues des entreprises américaines.

La semaine dernière, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a menacé de s’attaquer aux grandes marques américaines telles que les motos Harley Davidson ou les jeans Levi’s, ce qui a poussé Donald Trump à riposter avec une menace de taxe sur les voitures européennes.

Acier: Trump campe sur ses positions et menace l'UE

Donald Trump compte toujours taxer les importations d’acier et d’aluminium, affirmant que l’UE n’avait « pas bien traité les États-Unis » et malgré les réticences au sein même de son parti et les appels à la prudence du FMI.

Jean-Claude Juncker, qui a rencontré Lakshmi Mittal, le chef de la société mondiale de sidérurgie ArcelorMittal, a déclaré que l’UE « réagirait avec fermeté » afin de protéger l’industrie européenne.

« Dans une soi-disant guerre commerciale… personne ne gagne, on trouve généralement des perdants de part et d’autre », a également déclaré le 7 mars Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international, ajoutant qu’une guerre commerciale aurait un terrible impact sur la croissance économique mondiale.

L’appel à la prudence de Cecilia Malmström et Christine Lagarde a été repris par la ministre allemande de l’Économie, Brigitte Zypries, qui a déclaré : « J’espère que Trump changera d’avis… Il est très important que des personnes à la Maison-Blanche l’y encouragent. C’est pourquoi je m’inquiète des derniers signaux venant des USA. »

Le Royaume-Uni, soucieux de favoriser les relations commerciales mondiales alors qu’il s’apprête à quitter l’UE, s’est dit « très déçu » par le plan de Donald Trump.

À Genève, la Chine a fait part de ses préoccupations à l’Organisation mondiale du commerce, où 17 autres membres de l’OMC ont également exprimé leurs appréhensions.

« Beaucoup d’entre eux ont dit craindre des représailles directes qui risquaient d’entraîner une spirale incontrôlable et de nuire à l’économie mondiale et au système commercial multilatéral », a déclaré le porte-parole de l’OMC, Keith Rockwell.

« Nous craignons que les États-Unis n’ouvrent une boîte de Pandore que nous ne pourrions pas fermer », aurait déclaré l’ambassadeur de l’OMC au Canada.

L’UE cherche des alliés pour contrecarrer les taxes américaines sur l’acier

L’UE est en contact avec d’autres pays pour apporter une réponse coordonnée à la décision de Donald Trump d’imposer des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium.

Dans son premier tweet du 7 mars, Donald Trump n’a montré aucun signe de recul, affirmant que les États-Unis avaient perdu plus de 55 000 usines et 6 millions d’emplois dans le secteur manufacturier et laissé son déficit commercial s’envoler depuis la première administration Bush.

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