Bruxelles et Washington entament un nouveau bras-de-fer sur les exportations de voitures

[Felipe Trueba/EPA/EFE]

Les États-Unis envisagent d’imposer des droits de douane sur les voitures européennes, en invoquant la sécurité nationale. L’UE prépare des contre-mesures d’une valeur de 294 milliards de dollars.

Sur ordre du Président Donald Trump, le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a lancé une enquête pour déterminer si les importations de voitures ou de composants de voiture aux États-Unis menaçaient la sécurité nationale. Le 2 juillet, l’UE a publié une réponse écrite au lancement de cette procédure.

Suite à la décision américaine d’imposer des droits de douane que les exportations européennes d’acier et d’aluminium, l’UE a annoncé des contre-mesures pour un total de 2,8 milliards d’euros d’importations de produits américains. L’UE estime que 294 milliards de dollars (252 milliards d’€) d’exportations américaines pourraient être frappés de contre-mesures en cas de taxes sur les voitures européennes.

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« Cette enquête manque de légitimité, d’une base factuelle et viole les règles commerciales internationales », a déclaré l’UE dans sa réponse.

« L’UE a réitéré sa ferme opposition à la prolifération de mesures prises au nom d’une soi-disant sécurité nationale et à des fins de protection de l’économie », a ajouté la Commission.

Si le résultat de l’enquête mène à des restrictions sur les importations de voitures européennes, Bruxelles est prête à riposter, et la Commission prévient que « des mesures commerciales restrictives seraient contraires aux règles de commerce international. »

L’UE a confiance en sa position, qui est de dire que « les importations de voitures européennes aux États-Unis sont stables, conformes à la production américaine et tiennent compte des signaux du marché. »

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Selon l’exécutif européen, « il n’y a pas de menace pour l’industrie automobile américaine qui est saine, et qui a régulièrement augmenté sa production nationale ces dix dernières années. »

Les importations automobiles venues de l’UE « ne menacent pas ou ne détériorent pas la santé de l’industrie et de l’économie américaines », a ajouté la Commission.

La mise en place de mesures restrictives mettra cependant en péril cette croissance. L’UE évalue l’impact sur le PIB américain à 13-14 milliards de dollars (12Md d’€).

L’UE a aussi demandé de participer à l’audience publique organisée par le département du Commerce le 19 et 20 juillet.

À la fin du mois de juillet, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker devrait se rendre à Washington pour discuter avec l’administration Trump afin de mettre fin à l’escalade de tension entre les États-Unis et l’UE sur les questions commerciales.

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