Bruxelles ferraille avec Washington sur les droits de douane des voitures

Donald Trump et Cecilia Malmström [European Commission]

L’UE souhaite conclure un accord « réciproque » avec les États-Unis pour éliminer les droits de douane sur les voitures. Mais les deux parties ont encore de « profondes divergences » sur le commerce.

Devant la commission commerce du Parlement européen, le 30 août, la commissaire suédoise a déclaré que l’UE était prête à ramener les droits de douane pour les voitures à zéro si Washington faisait de même.

« Si cela arrivait, ce serait bon à la fois pour nous et pour eux économiquement », a affirmé Cecilia Malmström.

Le Président Donald Trump et le chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker ont conclu un accord le mois dernier à la Maison-Blanche pour ouvrir le dialogue commercial, régler les profonds désaccords et examiner les secteurs dans lesquels les droits de douane peuvent être réduits.

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Donald Trump et Jean-Claude Juncker ont désamorcé la crise née des tarifs douaniers imposés par les États-Unis, annonçant une série de décisions dans l’agriculture, l’industrie et l’énergie dont la portée exacte reste incertaine.

La déclaration commune faisait seulement référence à des efforts pour atteindre des droits de douane nuls pour « les biens industriels non automobiles ». Toutefois, le communiqué affirme aussi que les deux parties évalueront « les mesures tarifaires existantes » en général.

En contrepartie, Donald Trump a promis de s’abstenir d’imposer de nouveaux droits de douane sur les exportations de voitures européennes vers les États-Unis, comme il avait menacé de le faire plus tôt.

L’UE et la Chine sont devenues les cibles principales de l’administration Trump pour réduire l’immense déficit commercial américain par rapport à d’autres économies, plus de 500 milliards de dollars fin 2017.

Les constructeurs automobiles européens sont les cibles préférées de la colère de Donald Trump étant donné que l’Union européenne a imposé des droits de douane de 10 % sur les voitures américaines, alors que les exportations de voitures européennes ne sont soumises qu’à 2,5 % de taxe.

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Washington doit calmer sa rhétorique et cesser de brandir les droits de douane comme une protection de sa sécurité nationale, réclame le président de la puissante Fédération des industries allemandes.

Selon un porte-parole de la Commission « si les États-Unis se mettaient à imposer de nouveaux droits de douane sur les produits européens, l’UE se tiendra prête à réagir avec rapidité et fermeté. »

La révision des droits de douane automobiles s’inscrirait dans un accord plus large. Cecilia Malmström a toutefois rappelé que l’UE n’avait pas l’intention de ranimer le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement.

L’accord controversé négocié entre les Européens et l’administration Obama a été jeté aux oubliettes par la nouvelle administration américaine.

« Il pourrait y avoir un accord commercial plus limité, centré sur les droits de douane des biens uniquement », suggère Cecilia Malmström.

Même si les deux parties se sont accordées en juillet sur un cadre pour déterminer quel secteur ferait partie de l’accord, la commissaire souligne que Bruxelles et Washington ne sont pas sur la même longueur d’onde.

« Nous sommes en profond désaccord avec les États-Unis sur la politique commerciale », a-t-elle déclaré à la commission parlementaire.

Les deux parties ont tenu leur première réunion la semaine dernière pour préparer les négociations, mais les États-Unis aimeraient accélérer le processus et atteindre des résultats tangibles avant les élections de novembre du Congrès américain.

Cecilia Malmström souhaite quant à elle que l’UE parvienne à un accord « durant le mandat de la Commission », qui se termine en novembre de l’année prochaine. C’est possible selon elle si les négociations sont « limitées ».

Bruxelles et Washington entament un nouveau bras-de-fer sur les exportations de voitures

Les États-Unis envisagent d’imposer des droits de douane sur les voitures européennes, en invoquant la sécurité nationale. L’UE prépare des contre-mesures d’une valeur de 294 milliards de dollars.

Malgré les divergences évidentes, l’UE et les États-Unis partagent des inquiétudes vis-à-vis du commerce international, notamment face à la surcapacité du secteur sidérurgique chinois et aux pratiques du pays avec les entreprises étrangères de la technologie.

« Mais nous ne cautionnons pas les milliards de dollars de droits de douane imposés à la Chine, comme ils l’ont fait avec la Turquie », insiste la commissaire suédoise. « Nous ne partageons pas la vision des Américains selon laquelle les guerres commerciales sont une bonne chose et faciles à gagner. »

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