L’Europe peine à convaincre Tokyo sur le climat et l’OMC

epa07524859 Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, (à droite) et le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, (à gauche) à une conférence de presse après leur rencontre au Palais Chigi à Rome, Italie, le 24 avril 2019. [EPA-EFE/ETTORE FERRARI]

Les dirigeants européens rencontrent le Premier ministre japonais afin de faire progresser les relations bilatérales, malgré les réticences de Tokyo sur les ambitions commerciales et climatiques européennes.

Les présidents de la Commission et du Conseil européens, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, rencontrent le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à Bruxelles le 25 avril. Depuis l’entrée en vigueur, plus tôt cette année, du nouveau partenariat économique entre l’UE et le Japon, presque toutes les exportations européennes vers l’empire du Soleil levant sont exemptées de taxes.

Un haut fonctionnaire européen assure que les deux parties sont « tout à fait déterminées » à renforcer davantage leur relation, sur la base d’un cadre législatif solide. Pourtant, le gouvernement japonais, sous les pressions des États-Unis, traine des pieds sur la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et sur l’action climatique.

Ces deux questions sont devenues les principales pierres d’achoppement dans le système multilatéral après l’élection du président américain et devrait encore être les sujets qui fâchent du prochain sommet du G20, en juin, à Osaka.

L'UE et le Japon cimentent leur relation face au protectionnisme de Trump

L’Union européenne et le Japon ont signé un accord commercial le 17 juillet, un message fort pour montrer leur opposition au Président américain, Donald Trump, et à ses attaques à l’encontre du libre-échange et de l’ordre international.

Officiellement les deux partenaires partagent les mêmes idées, mais les Européens ne sont pas parvenus à convaincre les négociateurs japonais d’inclure autre chose qu’une vague référence à la coopération sur la réforme de l’organe d’appel de l’OMC, pourtant considérée comme une « priorité commune ». Le Japon n’a pas appuyé une proposition de Bruxelles visant à débloquer la nomination de nouveaux juges.

Le 19 avril, le Japon et l’Australie ont présenté leurs propres idées. Un coup dur pour le consensus que la Commission européenne tentait de construire autour de sa proposition. Les idées japonaises et australiennes répondent à certaines des inquiétudes exprimées auparavant par Washington, qui veut notamment limiter les compétences et les décisions de l’OMC.

L’organe d’appel devra nommer au moins deux membres d’ici la fin de l’année pour continuer à fonctionner, faute de quoi l’ensemble du cadre de gouvernance de l’OMC serait menacé. Les États-Unis sont très critiques à l’égard de l’organe d’appel et souhaitent réduire ses compétences. Or, pour l’Europe, celui-ci est essentiel à l’élimination ordonnée des tensions commerciales dans le système multilatéral. En théorie, le Japon partage cette opinion.

Les eurodéputés valident l'accord de libre-échange avec le Japon

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Ambition climatique

Sur la question climatique aussi, les deux partenaires n’ont pas le même niveau d’ambition. Les représentants européens regrettent le refus japonais de s’engager pour l’accélération de l’application de l’accord de Paris, également rejeté par Washington.

Shinzo Abe ne veut pas s’attirer les foudres de Donald Trump en se rapprochant trop des Européens sur la réforme de l’OMC et le climat à quelques jours seulement de sa visite à la Maison-Blanche. Et à Bruxelles, tout le monde est bien conscient du rôle important du partenariat sécuritaire du Japon et des États-Unis, surtout dans le contexte de la menace chinoise croissante dans le Pacifique.

Le Premier ministre japonais a entamé une série de visites à ses partenaires importants en préparation du sommet du G20. Il cherchera avant tout à combler le fossé entre Washington et Bruxelles. Avant sa visite dans la capitale européenne, il s’est arrêté en France, en Italie et en Slovaquie.

Bien que l’Union souhaite que le G20 d’Osaka débouche sur des « résultats significatifs, ses représentants admettent que cela ne dépendra pas seulement de la « bonne volonté » de la présidence japonaise.

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