L’UE prête à répondre aux taxes américaines sur les voitures

Cecilia Malmström et Robert Lighthizer [European Commission]

La Commission européenne a déclaré qu’elle répondrait de manière « rapide et adéquate » à une potentielle taxation américaine des voitures européennes.

Le 17 février, le département du commerce des États-Unis a soumis ses conclusions au président Donald Trump qui décidera si des mesures restrictives doivent être prises et déterminera lesquelles.

En Europe, ce rapport est vu comme un moyen de pression utilisé par l’administration américaine dans le contexte des négociations avec l’UE qui aimerait supprimer les taxes sur les produits industriels.

La Commission a déclaré que les négociations ne continueraient que si les États-Unis n’imposaient pas de taxes, comme en avaient convenu Donald Trump et Jean-Claude Juncker en juillet dernier.

« L’Union européenne tiendra sa parole tant que les États-Unis tiennent la leur », a déclaré la porte-parole de la Commission Margaritis Schinas, ajoutant que si le rapport « se traduit par un préjudice pour les exportations européennes, la Commission européenne réagira de manière rapide et adéquate ».

Les importations de voitures européennes sont aujourd’hui taxées à 2,5 % sur le marché américain, alors que l’UE impose une taxe de 10 % aux exportateurs américains. La commissaire au commerce Cecilia Malmström a déclaré que l’exécutif européen préparait déjà une potentielle riposte commerciale. Les hauts-fonctionnaires européens n’ont toutefois pas souhaité en révéler plus sur leurs intentions. Le président américain avait déjà menacé de taxer à 25% les véhicules produits à l’étranger.

À Washington, Malmström tente d'éviter les taxes sur les voitures européennes

Cecilia Malmström se rend à Washington le 8 janvier pour un nouveau cycle de négociations avec les responsables américains, la menace de taxes sur les voitures planant sur l’industrie européenne.

Le groupe Bloomberg rapporte que l’organisation commerciale américaine National Automobile Dealers Association estime que ces taxes entraineraient un surcoût de 2 270 dollars sur les voitures américaines, et de 6 875 dollars sur les véhicules importés. L’administration Trump dispose aujourd’hui de 90 jours pour décider de l’application des nouvelles taxes. Des hauts-fonctionnaires allemands ont déjà conclu que le rapport envoyé à la Maison-Blanche considère les importations de véhicules comme une menace à la sécurité nationale.

« Impensable »

Le président de la commission parlementaire du commerce international Bernd Lange a déclaré qu’il était « totalement impensable » de considérer les véhicules européens comme une menace à la sécurité nationale américaine.

« Mais comme nous avons déjà pu le voir avec l’acier et l’aluminium, les décisions de Washington ne sont pas toujours rationnelles », a-t-il déclaré, ajoutant que « l’Europe doit adopter une position commune, et rappeler que de nouvelles taxes illégales porteront grandement préjudice aux relations transatlantiques. Nous ne pouvons pas accepter le nationalisme sans limites. »

Le rapport américain a été soumis alors que les ministres européens du Commerce se retrouvaient à Bucarest pour une réunion portant sur l’élimination des taxes sur les produits industriels dans les relations commerciales transatlantiques.

Les équipes de négociation de l’UE et des États-Unis devraient se rencontrer au début du mois de mars à Washington. L’UE a toutefois rappelé que les négociations ne continueraient que si le projet de taxation était abandonné et que les États-Unis supprimaient les taxes sur l’acier et l’aluminium imposées l’été dernier.

Reprise des négociations de libre-échange avec les Etats-Unis

La Commission européenne veut éliminer les droits de douane des biens industriels entre l’UE et les États-Unis. Mais l’hypothèse de nouveaux droits de douanes américains sur les voitures entraintera une riposte immédiate.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.