Le financement de l’UE pour les missions de sécurité en Afrique a peu d’effets

Le soutien financier de l’UE pour la paix et la sécurité en Afrique « a eu peu d’effet et doit se recentrer », estime la Cour de comptes de l’UE dans un rapport publié le 18 septembre.

La Cour des comptes européenne (CCE) a rendu le 18 septembre un rapport sévère sur l’aide européenne à la sécurité en Afrique.

Selon les auditeurs européens, il est urgent de « recentrer l’aide de l’UE afin qu’elle soit davantage axée sur des mesures de renforcement des capacités plutôt que sur le financement des coûts opérationnels. »

Le Service européen pour l’action extérieure devrait ainsi encourager l’Union africaine à renforcer sa participation dans l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) pour

Au centre de l’APSA, se trouve le Conseil de paix et de stabilité, établi par les 55 États membres de l’Union africaine en tant qu’« organe de décision permanent pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits ».

La Cour de comptes, basée au Luxembourg, a contrôlé des contrats d’une valeur de 102,5 millions d’euros, conclus par la Commission durant la période 2014-2016.

« L’aide de l’UE pour l’APSA a pendant longtemps été centrée sur la participation aux coûts opérationnels de base », indique la CCE dans son rapport, avant d’ajouter : « Les instruments de financement n’ont pas toujours été utilisés de façon cohérente. »

Environ 80 % des fonds de l’UE sont utilisés pour financer des opérations de soutien de la paix telles que la mission de l’Union africaine en Somalie. L’UE soutient que soutenir l’APSA réduit la nécessité pour ses États membres de financer des opérations couteuses de maintien de la paix, qui couterait 720 millions d’euros de plus par an.

Les résultats de la CCE soulignent notamment les difficultés auxquelles l’Union africaine a dû faire face depuis sa création en 2002, alors que l’organisation cherche à s’imposer comme acteur politique sur le continent africain.

L’UA veut s’inspirer de la Commission européenne, en tant que puissant exécutif politique coordonnant les politiques sur le commerce intra-africain, la paix et la sécurité et la politique étrangère.

Juncker veut conclure un accord UE-Afrique entre partenaires égaux

Le président de la Commission s’est engagé à conclure un accord d’égal à égal entre l’UE et l’Afrique. Il souhaite une implication plus forte de l’Europe sur le continent, où l’influence de la Chine se répand à grande vitesse.

L’Union africaine a toutefois peiné pour persuader ses 55 pays membres de financer l’organisation. Moins de la moitié des États africains ont versé leurs contributions convenues au budget de l’UA dans les délais et dans leur intégralité. Les donateurs ont contribué à hauteur de 54 % du budget annuel de l’UA de 395 millions d’euros en 2017.

Le renforcement des capacités de l’Union africaine demeure donc un défi permanent pour l’UE. Cette dernière tient à réduire son soutien financier à la force militaire de l’UA (AMISOM) contre le réseau terroriste Al-Shabaab en Somalie, qui s’élève à plus d’un milliard d’euros depuis 2007, mais l’Ouganda et le Kenya ont menacé de retirer leurs troupes de la force commune lorsque la Commission a laissé entendre une possible suspension de son financement en 2016.

En 2016, les États membres de l’UA ont convenu d’un nouveau mécanisme de financement du budget opérationnel de l’UA et du Fonds pour la paix. L’UE a soutenu cette initiative, qui consiste à imposer une taxe de 0,2 % sur tous les produits éligibles importés en Afrique. En janvier 2018, 14 États membres avaient commencé à percevoir la redevance.

La semaine dernière, l’exécutif européen s’est engagé à verser 50 millions d’euros d’aide technique à l’UE dans le cadre de la finalisation de la Zone de libre-échange continentale pour l’Afrique (ACFTA), qui a été validée par 49 pays africains.

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