Face aux députés français, Dombrovskis en VRP des traités de libre-échange

Valdis Dombrovskis, commissaire européen au Commerce, a défendu mardi (9 mars) devant les députés français la politique commerciale de l'UE et notamment l'accord avec le Mercosur. [EPA-EFE/Francisco Seco / POOL]

Le commissaire européen au Commerce Valdis Dombrovskis a défendu mardi devant les députés français la politique commerciale de l’Union européenne, en prenant bien soin de montrer que la France en était l’un des principaux bénéficiaires.

Concernant l’accord conclu avec le Mercosur en 2019, qui a fait l’objet de nombreuses questions de députés, il a rappelé que les « gains tarifaires étaient estimés à 4 milliards d’euros par an », soit « quatre fois » les bénéfices résultant de l’accord commercial avec le Japon et « huit fois » ceux résultant de l’accord avec le Canada.

Quant à la France, qui refuse de signer l’accord tant que les pays concernés (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) ne prennent pas d’engagements mesurables sur la déforestation, elle en est « le deuxième bénéficiaire après l’Allemagne », a fait valoir le vice-président de la Commission européenne, ajoutant que « 100.000 emplois en France dépendent des exports vers le Mercosur ».

Alignant les chiffres, Valdis Dombrovskis a également fait valoir que l’industrie agro-alimentaire tricolore, premier exportateur de produits laitiers vers les pays du Mercosur, aurait tout à y gagner.

Face au ministre délégué au Commerce extérieur, Franck Riester, qui a réitéré le refus du gouvernement de ratifier l’accord en l’état, le commissaire a assuré partager les « inquiétudes » françaises et travailler « à des engagements que le Mercosur pourrait prendre » en matière de respect de l’environnement, comme « le respect de l’accord de Paris ».

Au sujet de la déforestation, « la forme précise de ces engagements est toujours à déterminer », a-t-il dit, sans s’avancer sur un calendrier de ratification.

UE-Mercosur: l’Autriche met en garde contre "toute manoeuvre" pour faire adopter l’accord

Le gouvernement autrichien, réitérant son opposition à l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, a appelé cette semaine le Portugal, qui occupe la présidence tournante de l’UE, à éviter « toute manoeuvre » pour faciliter le vote sur le texte.

Le commissaire s’est livré au même exercice au sujet du traité de libre-échange conclu en 2019 entre l’UE et le Canada, le Ceta, ainsi que sur l’accord de principe sur les investissements conclu en décembre avec la Chine, veillant à chaque fois, chiffres à l’appui, à montrer le gain qui en a résulté – ou en résultera – pour la France, ne ménageant pas ses efforts pour convaincre des députés souvent sceptiques.

Concernant l’accord commercial entre l’UE et le Maroc, qui permet à Rabat d’exporter des produits agricoles du Sahara occidental à un tarif préférentiel, « nous avons ajusté nos accords avec le Maroc pour refléter les décisions de la Cour de justice européenne », a assuré M. Dombrovskis, en réponse à une question du député communiste Jean-Paul Lecoq.

La Cour avait jugé en 2016 que cet accord ne pouvait s’appliquer à ce territoire disputé, mais les indépendantistes du Front Polisario ont saisi la justice européenne début mars au motif que l’UE ne respectait pas cette décision.

Accord UE-Mercosur : la France veut des garanties « concrètes » et « vérifiables »

De « simples engagements politiques » ne suffiront pas à ratifier l’accord mixte entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, a déclaré Franck Riester le 2 mars, lors du Conseil informel des affaires étrangères en format commerce.

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