Le G20 parvient à éviter une guerre commerciale… pour l’instant

Bundeskanzlerin Angela Merkel bei der Abschlusskonferenz im Rahmen des G20-Gipfels. [G20 Presidency]

Les 20 pays les plus puissants au monde ont décidé de garder leursmarchés ouverts, et Angela Merkel a tenté de convaincre les dirigeants de prendre des mesures face à la surcapacité de l’industrie sidérurgique, afin d’éviter une guerre commerciale.

La chancelière allemande, Angela Merkel, qui présidait la rencontre du G20 à Hambourg, s’était prudemment donné comme objectif la pérennité du système multilatéral ouvert et coopératif, actuellement en place.

Les conclusions officielles de la rencontre mentionnent bien la lutte contre le protectionnisme et le maintien de l’ouverture des marchés, ce dont elle s’est dite satisfaite.

Un G20 tendu pour relancer la coopération internationale

Les 20 premières puissances mondiales vont évoquer le commerce et la lutte contre le changement climatique, dans un contexte relations de plus en plus tendues.

La chancelière a également souligné que le maintien d’un système réglementaire était « essentiel » pour que la mondialisation bénéficie à tous. « Nous maintiendrons les marchés ouverts et notons l’importance des cadres d’échange et d’investissement réciproques et mutuellement avantageux et du principe de non-discrimination ; nous continuons à lutter contre le protectionnisme, y compris toutes les formes de concurrence déloyale, et reconnaissons le rôle des instruments légitimes de défense commerciale à cet effet », ont indiqué les dirigeants dans le communiqué final.

Malgré cette promesse, Donald Trump envisage ces jours-ci de nouvelles mesures punitives contre une série d’importations, d’acier entre autres, et notamment en provenance de l’Allemagne. Une possibilité rejetée par Angela Merkel, qui admet cependant : « je ne peux pas prédire ce qui arrivera demain ou le jour suivant ».

L’UE veut encore revoir ses règles antidumping

Alors que Donald Trump s’apprête à bloquer les importations d’acier chinois pour des raisons de sécurité nationale, l’UE s’embarque dans de nouvelles négociations sur les règles antidumping.

Afin d’éviter une guerre commerciale, les États ont décidé d’échanger des informations sur la surcapacité sidérurgique d’ici août. L’OCDE préparera un rapport pour novembre, avec des solutions potentielles.

« Nous avons un programme assez ambitieux », a reconnu Angela Merkel, mais si les pays ne respectent pas ces délais, « nous ne serons pas en mesure de régler [cette question] dans le cadre d’un forum multilatéral », a-t-elle prévenu.

Si les pays continuent à trainer les pieds sur le sujet, des mesures de représailles pourrait finit par être imposées, a ajouté la chancelière à l’issue du sommet, le 8 juillet.

La veille, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, avait prévenu que si Donald Trump imposait de nouveaux droits de douane sur les produits européens, l’UE répliquerait « dans les jours suivants ».

Même si les 20 pays commencent à faire preuve de bonne volonté sur l’acier, d’autres questions commerciales pourraient devenir problématiques dans un avenir proche, a fait remarquer Angela Merkel.

Trump isolé, mais déterminé

Si la chancelière allemande a réussi à protéger la formule antiprotectionnisme décidée en mai dernier, lors du sommet du G7, elle n’est pas parvenue à faire signer une déclaration sur le climat et l’énergie aux 20 membres de la rencontre.

Suite à la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, Berlin souhaitait élaborer une déclaration commune sur la nécessité de réduire les émissions de CO2, ainsi qu’un plan d’action pour concrétiser cette déclaration. Après des négociations exténuantes, les représentants des pays ont néanmoins dû se résoudre à l’idée que Washington ne signerait pas.

Un accord à 19 contre un sur le climat?

Angela Merkel espère convaincre tous les pays du G20 – sauf les États-Unis – de signer une déclaration forte en faveur de l’accord de Paris, mais certains membres, comme l’Arabie saoudite, pourraient résister.

La déclaration contient donc un paragraphe qui « dit sans aucun doute ce que les États-Unis veulent et ce que le reste des pays veulent », comme l’a décrit Angela Merkel.

« Les États-Unis déclarent qu’ils s’efforceront de coopérer étroitement avec d’autres pays pour les aider à accéder à et à utiliser des combustibles fossiles plus proprement et plus efficacement et contribuer au déploiement des sources d’énergie renouvelables et propres, étant donné l’importance de l’accès à l’énergie et de la sécurité énergétique dans leurs contributions nationales », lit-on dans les conclusions du sommet.

Les autres pays du G20 ont pour leur part répété que l’accord de Pris était « irréversible » et ont adopté le Plan d’action climat et énergie pour la croissance du G20 Hambourg.

Les succès limités de la rencontre face à une guerre commerciale potentielle et à la réticence des États-Unis vis-à-vis de la lutte contre le changement climatique illustrent la difficulté du forum du G20 à délivrer une gouvernance mondiale unie.

Les manifestations monstres contre la mondialisation et le G20 qui ont accompagné la rencontre à Hambourg ajoutent aux questions sur la légitimité de l’organisation.

Angela Merkel a exprimé son soutien aux manifestations pacifiques, tout en condamnant les « attaques brutales » contre la police menées par une minorité de manifestants violents. Elle a également félicité les forces de l’ordre et assuré que les autorités se pencheront sur un moyen de dédommager les personnes ayant subi des pertes liées aux émeutes « le plus rapidement possible ».