Berlin pousse l’Inde au libre-échange avec l’UE

epa04965268 Angela Merkel, la chancelière allemande, et Narenda Modi, le Premier ministre indien, lors d’un forum économique à Bangalore, en Inde, le 6 octobre 2015. EPA/KAY NIETFELD [Kay Nietfield/ EPA]

Selon une nouvelle étude, un accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde apporterait à l’Europe, et surtout à l’Allemagne, plus de 21 milliards d’euros. Un article d’Euractiv Allemagne.

Narenda Modi, le Premier ministre indien, s’est rendu à Berlin dans l’espoir d’attirer davantage d’investissements dans son pays, qui ne dispose pas d’accord de libre-échange avec l’UE.

Angela Merkel, la chancelière allemande, a rencontré son homologue indien dans les environs de Berlin le 29 mai, ouvrant ainsi un nouveau cycle des consultations biennales instaurées entre les deux gouvernements. Celles-ci, que Narenda Modi juge être « des interactions très bénéfiques » ont commencé en 2011.

Outre l’investissement, les deux dirigeants ont discuté du Brexit et de son impact sur les économies allemande et indienne, de l’avenir de l’Union européenne et de terrorisme.

Pour les entreprises allemandes, l’Inde est un marché en croissance important. Les Allemands se plaignent cependant régulièrement des droits de douane et des incertitudes réglementaires, ainsi que d’une charge bureaucratique excessive et d’un manque de reconnaissance de la qualité des échanges auprès des consommateurs.

« En ce qui concerne les droits de douane et les autres entraves au commerce, l’Inde doit s’ouvrir davantage, afin que nos entreprises puissent augmenter leurs activités dans le pays », estime Hubert Lienhard, président de la commission Asie-Pacifique des entreprises allemandes (APA).

Il appelle donc à la reprise des discussions sur un accord de libre-échange entre l’Inde et l’UE. Bruxelles a entamé des négociations à ce sujet en 2007, mais celles-ci sont gelées depuis 2013, notamment à cause de la volonté de Delhi de protéger son économie nationale en imposant des droits de douane élevés. Cette politique rend les produits importés trop chers pour la plupart des citoyens.

4,6 milliards d’euros

Selon une nouvelle étude, l’Allemagne bénéficierait grandement d’un accord avec l’Inde. Le pays pourrait ainsi voir son PIB grimper de 4,6 milliards d’euros grâce à un tel accord, selon les recherches de l’institut IFO, réalisées pour le compte de la fondation Bertelsmann. Le Royaume-Uni, qui a encore des liens très étroits avec l’Inde, est le seul pays qui en profiterait encore plus.

Ce sont les fabricants automobiles allemands, ainsi que les autres producteurs industriels, qui en bénéficieraient le plus. Les auteurs de l’étude prévoient ainsi un chiffre d’affaires augmenté de 1,5 milliard d’euros.

Un accord de libre-échange serait au contraire un coup dur pour l’industrie textile. Les vêtements produits en Inde sont en effet beaucoup moins chers, à cause de salaires bas et de normes écologiques moins strictes.

Selon certaines théories économiques, il faudrait mettre en place un libre-échange mondial, ce qui permettrait à chaque pays de produire ce qu’il produit de mieux, parce que les conditions sont les meilleures sur son territoire. Ainsi, les pays industrialisés se concentreraient par exemple sur les technologies complexes, et les États plus pauvres sur des industries nécessitant plus de main-d’œuvre.

Selon ses défenseurs, ce système apporterait plus de prospérité que si chaque pays tentait de produire de tout. Cette théorie ne tient cependant pas compte du contexte politique, et pourrait faire perdurer à jamais les inégalités entre nations.

La conclusion d’un accord commercial est toutefois très peu probable dans le contexte actuel de l’enlisement des négociations du TTIP, avec les États-Unis. Outre-Rhin, l’opposition au TTIP s’est avérée féroce.

L'Inde et l'UE pourraient reprendre langue pour un accord de libre-échange

Nirmala Sitharama, le ministre indien du Commerce et de l’Industrie, a déclaré le 23 mars que New Delhi était « prête à discuter ». Les négociations commerciales entre l’UE et l’Inde ont démarré il y a 8 ans.