José Bové révèle les dessous des négociations commerciales avec les États-Unis

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EXCLUSIF / Dans un entretien à EURACTIV, le candidat aux primaires européeennes s'insurge contre les pratiques opaques des États-Unis, qui exigent que les négociations pour l'accord de libre-échange transatlantique soient…cryptées. Retrouvez ici le texte complet de l'interview.

José Bové, candidat aux primaires des Verts pour les élections européennes, s’insurge contre le manque de transparence qui prévaut aujourd’hui dans le fonctionnement de l’Europe, notamment dans le cours des négociations d’un accord commercial transatlantique avec les États-Unis.

Alors que les discussions ont démarré au début de l’été, le député européen écologiste s’étonne que l’Europe s’engage déjà dans un second round de négociations, début octobre.

Il révèle surtout que les Américains ont insisté début septembre pour que les négociations se fassent à huis clos, et ne soient abordées que par le biais de communications…cryptées !

« Lorsque le représentant européen a dit que les négociations devaient rester secrètes, le représentant américain lui a coupé la parole et s’est lancé dans une leçon de sécurisation des communications ! Il a insisté sur le fait que les Européens ne devaient parler des négociations qu’avec des téléphones cryptés, alors qu’ils ont l’indécence d’espionner et de mettre sur écoute la planète entière. Alors moi je vous le raconte exprès, parce que ça suffit le manque de transparence ».

Un scandale indécent, selon l'eurodéputé, alors que le pays de l’Oncle Sam semble avoir mis la planète entière sur écoute avec son agence de renseignement, la NSA.

L’élu écologiste s’inquiète de l’impact que ces négociations pourraient avoir sur l’agriculture, et sur l’environnement en général. Toute exemption nationale risque en effet de faire l'objet d'attaques des entreprises, et les clauses d’exemption que pratiquent l’Europe sur des sujets comme les OGM ou le gaz de schiste pourraient être battues en brèche. Le député, qui avait en 1987 créé le syndicat d'agriculteurs de la Confédération Paysanne, plaide pour une autre approche économique de l’Europe, qui préserve les spécificités du Vieux Continent.

Connu pour son franc-parler, José Bové fustige aussi la position de « nain politique de l'Europe », mis en avant par la crise syrienne et l'absence totale de voix commune sur le sujet.

Pour la première fois, l’élu européen explique aussi sa candidature pour être tête de liste aux élections de mai 2014. Figure reconnue des Verts en Europe, il se présente avec le soutien de Daniel Cohn-Bendit. Il devrait partager la tête d’affiche avec l’allemande Rebecca Harms après avoir été officiellement investi par le parti français, à la mi-septembre.

En France, la participation de son parti Europe Ecologie Les Verts au gouvernement de François Hollande est régulièrement contestée, alors que l’engagement du gouvernement pour l’environnement reste peu perceptible.

« Si les socialistes étaient écologistes, ça se saurait » reconnaît l’élu européen, qui défend néanmoins l’utilité de cette représentation au gouvernement par la cadre national de l’élection, qu'il juge très différent des élections européennes. Il s'insurge aussi contre l'annulation d'une commission d'enquête européenne qui aurait du se pencher sur la question de l'aéroport de Notre-Dames des Landes en octobre. L'alliance des sociaux-démocrates et de la droite est parvenu à déjouer ce projet, « alors qu'il n'y a aucune raison pour que l'Europe ne se penche pas sur le sujet », assure le député.

  • 25 mai 2014 : vote pour les élections européennes en France

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