Juncker promet des mesures de représailles contre les États-Unis

Jean-Claude Juncker [Stephanie Lecocq/EPA/EFE]

L’UE répondra à toute provocation venant des États-Unis sur le commerce ou sur d’autres sujets, a prévenu le président de la Commission européenne avant son voyage à Washington la semaine prochaine.

Les relations États-Unis-UE se détériorent depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et ne semblent pas s’améliorer puisque le président américain a qualifié l’UE d’ennemi des États-Unis.

Jean-Claude Juncker rencontrera Donald Trump le 25 juillet pour essayer d’apaiser les tensions entre les partenaires générées par le conflit commercial. En parallèle, l’UE s’en tiendra à des contre-mesures face aux mesures protectionnistes mise en place par les États-Unis sur les exportations européennes d’aluminium et d’acier.

« Nous avons réagi aux mesures unilatérales prises par l’administration américaine et nous riposterons à toute leur provocation », a-t-il insisté face aux journalistes.

Le président de la Commission a maintenu la position qu’il a défendue lors du dernier sommet du G7 au Canada.

La guerre commerciale commence à affecter la croissance européenne

La Commission européenne a revu à la baisse de 0,2 % ses prévisions de croissance pour cette année par rapport à ses prévisions d’il y a trois mois. En cause, une production plus faible que prévu, et des risques externes, comme la guerre commerciale, en hausse.

 

Jean-Claude Juncker a également dénoncé les affirmations de Trump selon lesquelles les importations d’acier seraient une menace pour la sécurité nationale.

En ce qui concerne les tentatives de Donald Trump de briser l’unité européenne, le président de la Commission a insisté sur le fait que « le marché unique de l’UE est indivisible et la Commission veille à l’articulation de la politique commerciale de l’UE. »

Par conséquent, « toute tentative de diviser les Européens est vaine », a déclaré le Luxembourgeois. Donald Trump a menacé d’imposer une taxe de 20 % sur les voitures européennes, ce que affecterait grandement l’industrie, surtout en Allemagne.

Mesures de sauvegarde

Après le lancement d’une procédure de règlement des différends devant l’OMC et la mise en place de mesures de rétorsion d’une valeur de 2,8 milliards d’euros, les mesures de sauvegarde provisoires annoncées fin juin entreront enfin en vigueur le 19 juillet, a annoncé la Commission.

« Les droits de douane américains sur les produits sidérurgiques entraînent une réorientation des échanges, ce qui pourrait causer un grave préjudice aux sidérurgistes de l’UE et aux travailleurs de cette industrie », a déclaré Cecilia Malmström, commissaire européenne en charge du commerce.

L’UE à la recherche d'une issue commerciale avec Washington

Les ministres européens du Commerce vont discuter de la manière de dissuader Donald Trump d’appliquer aux Européens des droits de douane punitifs sur l’acier et l’aluminium, alors que Washington vient de s’entendre avec Pékin.

L’UE n’a pas eu d’autre choix que d’introduire ces mesures « pour protéger notre industrie européenne contre une montée en flèche des importations », a-t-elle expliqué.

Les mesures de sauvegarde cibleront 23 catégories de produits sidérurgiques et prendront la forme d’un contingent tarifaire de 25 %, qui ne sera imposé que lorsque les importations dépasseront la moyenne des importations des trois dernières années.

« Ces mesures s’attaquent à la réorientation des exportation d’acier d’autres pays vers l’UE en raison des droits de douane récemment imposés par les États-Unis », a expliqué l’exécutif européen.

Le contingent s’appliquera à tous les pays, selon le principe du premier arrivé, premier servi, à l’exception de certains pays en développement et des membres de l’Espace économique européen, à savoir la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein.

La décision restera en vigueur pendant 200 jours au maximum et les pays pourront commenter les conclusions provisoires de l’enquête en cours. Des mesures de sauvegarde définitives pourraient être imposées d’ici le début de 2019 en fonction du résultat.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.