La bière européenne, enjeu du partenariat transatlantique

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Les brasseurs européens veulent l'allègement de certaines taxes à l'exportation dont profitent leurs homologues américains. Un point abordé lors des discussions sur le partenariat transatlantique. 

Les petits brasseurs bénéficient d'un droit d'accises réduit au sein de l'UE. Si ce taux d'imposition réduit s’applique aussi aux petits brasseurs américains qui exportent vers l'UE, la réciproque n'est vrai. L'allègement fiscal aux États-Unis ne concerne que les producteurs de bières américains.

Les brasseurs européens s'en trouvent désavantagés, a déclaré Brigid Simmonds, directrice générale du British Beer & Pub Association, lors d'une conférence à Bruxelles.

«  Si vous êtes un petit brasseur européen, vous ne recevez rien lorsque vous allez aux États-Unis, » selon Brigid Simmonds. Elle souhaite que l'UE soulève la question durant les négociations qui ont lieu dans le cadre du Partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (PTCI).

« C'est un très bon exemple qui montre que l'industrie doit nous aider à porter cette question lors des négociations, » constate Salvatore D'Acunto, chef de l'unité Industries agroalimentaire et de la santé de la Commission européenne. « Nous sommes donc absolument favorable […] à ouvrir les discussions avec nos interlocuteurs américains, » ajoute-t-il .

L’industrie brassicole représente 2 millions d'emplois, soit 1 % du bassin d'emploi européen. Environ 1,4 million d'emplois se trouvent dans le secteur hôtelier. Le commerce de détail, l'agriculture et les services constituent les 600 000 emplois restants.

« La bière représente un véritable moteur pour l'économie européenne et est un employeur de premier ordre dont l'impact va bien au-delà des brasseries. Pour chaque emploi dans l’industrie brassicole, il y en a un dans le secteur agricole, un dans l'emballage et la logistique, un dans le marketing, un autre dans la vente au détail et enfin 11 autres dans le secteur hôtelier », explique Demetrio Carceller, président du groupe de pression Brewers of Europe.

Même s'il existe des signes de reprise dans le secteur avec une production européenne et une consommation légèrement à la hausse durant les deux dernières années, la croissance en valeur du marché reste en dessous de l'inflation. Parallèlement, le secteur a perdu 4 % des emplois, selon The Brewers of Europe.

Les négociations entre les États-Unis et l'Union européenne sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (PTCI) ont débuté en juillet.

Si un accord est conclu, il concernerait plus de 40 % du PIB mondial et représenterait les plus grandes parts commerciales et d'investissement direct étranger.  Les échanges commerciaux entre les deux continents sont déjà les plus importants au monde. Le commerce des biens et services équivaut à 2 milliards d'euros.

Cet accord serait le plus grand accord commercial jamais négocié, pourrait faire économiser des millions d'euros aux entreprises et créer des centaines de milliers d'emplois. Un ménage européen moyen pourrait économiser chaque année 545 euros et le PIB de notre économie grimperait d’environ 0,5 %, si l’accord est complètement mis en œuvre.

Bruxelles et Washington ont établi l'objectif ambitieux de conclure les négociations d'ici la fin 2014.

  • Déc. 2013 : troisième cycle des négociations sur le PTCI
  • Janv. 2014 : exercice d'inventaire avec le commissaire européen, Karel de Gucht, et le représentant américain au commerce, Michael B. Froman

Union européenne

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