La France et l’Allemagne serrent les rangs face au conflit commercial

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Paris et Berlin se serrent les coudes face à la menace commerciale américaine, et veulent tout faire pour éviter la mise en place de nouveaux droits de douane entre l’Europe et les États-Unis.

A l’occasion du 50ème Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA), Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances et ses homologues allemands Olaf Scholz et Peter Altmaier ont rappelé qu’ils souhaitent éviter à tout prix une guerre commerciale avec les États-Unis.

Le président américain Donald Trump compte imposer des droits de douane sur les marchandises européennes pour une valeur de 11,2 milliards de dollars par an afin de compenser les aides européennes au constructeur d’avions Airbus.

Ce plan a reçu la bénédiction partielle de  l’Organisation mondiale du commerce. Mais l’OMC doit aussi trancher au printemps 2020  sur les niveaux de taxes que l’UE  pourrait fixer en réponse aux subventions accordées à Boeing par Washington.

Une escalade que les Européens veulent à tout prix éviter alors que la guerre commerciale entre Washington et Pékin a déjà largement entamé la croissance mondiale.  Et en 2020, l’échauffourée commerciale sino-américaine pourrait coûter  « 0,5 point de croissance mondiale en moins » selon Bruno Le Maire.

L’Europe propose une solution à l'amiable pour éviter les droits de douane américains

La Commission européenne serait prête à limiter ses subventions publiques afin d’éviter de nouvelles taxes douanières de la part de Washington dans le contexte du conflit Airbus-Boeing.

« Nous continuons à tendre la main à nos alliés américains », a assuré Bruno Le Maire lors d’une conférence de presse en présence de ses homologues allemands. « Nous ne voulons pas de conflit commercial avec les États-Unis.[…] Mais si les États-Unis devaient nous imposer des sanctions (ils) doivent savoir que nous serions prêts à réagir, là encore dans le cadre de l’OMC et des possibilités qu’elle nous donnera d’ici quelques mois » a-t-il poursuivi.

« Cela ne nous paraît pas une bonne politique d’avoir les États-Unis qui imposent des sanctions à l’Europe sur la base de la décision de l’OMC et puis l’Europe qui réagit quelques mois plus tard », a dit Bruno Le Maire. « Les guerres commerciales ne sont bonnes pour personne », a-t-il martelé.

Stratégie économique commune ?

Outre le dossier sensible du secteur aéronautique, Bruno Le Maire a rappelé que le binôme franco-allemand devait être d’autant plus soudé dans ce contexte particulier de ralentissement de la croissance mondiale sur fond de guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, et de défis climatiques et  technologiques.

« Il faut faire face ensemble et avoir une stratégie économique  commune »,a-t-il affirmé. Parmi les points d’accord, Paris et Berlin se sont engagés à travailler de concert pour la réduction de la dette publique et la poursuite des réformes structurelles. Des dossiers qui concernent en premier lieu la France.

Côté allemand, la nécessité d’investir davantage dans l’économie pour relancer la croissance fait l’objet d’un demi-consensus. « Il faut avoir une politique budgétaire qui soit capable de prendre le relais de la politique monétaire, dont les gouverneurs nous diront qu’elle a aujourd’hui moins d’efficacité » a expliqué Bruno le Maire.

« Il y a dans le communiqué conjoint la mention d’une stratégie de croissance » a rappelé Bruno Le Maire, « L’Allemagne a commencé à dépenser davantage d’argent, mais nous avons encore des débats sur le calendrier ».

L’Allemagne a déjà commencé à augmenter  son investissement public  en 2018, avec une hausse de7,7% selon  les données de la Commission européenne. Mais son taux d’investissement demeure en dessous de la moyenne de la zone euro, malgré une situation économique très favorable.

Les deux pays ont aussi annoncé le démarrage de leur projet de batterie électrique européenne dont l’usine sera installée en Nouvelle Aquitaine, et qui devrait accueillir près de 200 salariés.

«Nous pouvons vous annoncer le démarrage du premier projet, que nous allons notifier dans quelques jours à la Commission européenne, avec Opel, Peugeot, Total et Saft et quelques autres entreprises», a précisé son homologue allemand Peter Altmaier à propos de l’usine pilote. La première pierre du projet devrait être posée d’ici la fin de l’année.

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