Le retour du boeuf européen aux Etats-Unis ne serait pas lié au TTIP

528270356_a44d6883af_z.jpg [Alkainel/Flickr]

La décision de Washington de lever l’interdiction d’importer du bœuf européen sur le marché américain n’aurait rien à voir avec les négociations pour le TTIP, selon la Commission européenne.

Le ministère de l’agriculture des États-Unis (USDA) a annoncé que le pays rouvrirait son marché aux importations de bœuf provenant de l’Europe, à commencer par le bœuf irlandais.

L’interdiction d’exporter du bœuf européen vers les États-Unis a été mise en place dans les années 1990, suite à la propagation de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), aussi appelée « maladie de la vache folle ».

Le marché américain sera avant tout rouvert à l’Irlande, qui fournissait près de 70 % des importations aux États-Unis avant l’interdiction.

Enrico Brivio, porte-parole de la Commission, a néanmoins précisé lors d’une conférence de presse le 5 janvier qu’il ne s’agissait pas là d’un accord lié aux négociations en cours sur le partenariat transatlantique (TTIP) entre l’UE et les États-Unis.

« Il n’y a pas eu de compromis. L’interdiction a été levée parce que les États-Unis reconnaissent les efforts qui ont été déployés en Europe suite à la crise de ESB des années 1990. Il s’agit d’une étape vers la normalisation des conditions d’échange, mais cela ne fait pas partie d’un accord dans le cadre du TTIP », a expliqué le porte-parole.

Le bœuf traité aux hormones produit aux États-Unis a été interdit en Europe depuis la première querelle à ce sujet à la fin des années 1980. En plus du bœuf traité aux hormones, les organisations environnementales et ONG liées à la santé en Europe s’inquiètent également de voir le poulet au chlore américain autorisé à la vente sur le marché européen. Ces organisations estiment que l’harmonisation des règles entre l’UE et les États-Unis prévue par le TTIP constitue un danger pour la santé des consommateurs parce qu’elle affaiblit les standards de qualité auxquels doivent se conformer les produits américains commercialisés en Europe.

Dans une déclaration commune, Vytenis Andriukaitis, commissaire européen à la santé, Cecilia Malmström, commissaire au commerce, et Phil Hogan, commissaire à l’agriculture, ont fait savoir que la réouverture du marché permettra de rétablir des conditions d’échange normales et de mettre un terme à l’interdiction d’exporter du bœuf vers les États-Unis, interdiction qu’ils jugent disproportionnée et injustifiée.

« Cette déclaration envoie un message positif important aux autres États membres qui ont demandé la réouverture du marché européen du bœuf à leurs exportateurs, estiment les commissaires. Il serait à présent désirable que les États-Unis étendent rapidement l’autorisation d’exporter vers leurs territoires au reste de l’UE et qu’ils calquent leurs conditions d’importations aux normes internationales. »

Les négociations entre les États-Unis et l'Union européenne sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP) ont débuté en juillet 2013.

La ratification du Partenariat transatlantique pourrait avoir un impact sur près de 40 % du PIB mondial. Le marché transatlantique est déjà le plus important marché à l'échelle planétaire.

La conclusion de ce partenariat pourrait permettre aux entreprises d'économiser des millions d'euros et créer des centaines de milliers d'emplois selon la Commission européenne, qui estime les retombées économiques positives engendrée par l'accord à 545 euros par an par foyer européen. Le partenariat pourrait également faire augmenter le PIB européen de 0.5 %,  toujours selon l'exécutif européen.

Mais l'impact économique de ce partenariat fait l'objet de débats, et d'une forte opposition de l'opinion publique européenne.

 

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