Le Royaume-Uni confirme son intention de ne pas instaurer de contrôles sur les marchandises de l’UE avant 2024

Ce changement d’approche devrait permettre aux importateurs britanniques d’économiser au moins un milliard de livres sterling par an, mais constitue en réalité un aveu de défaite de la part du gouvernement de Boris Johnson. [EFE/ANDY RAIN]

Le gouvernement britannique a décidé de ne pas imposer de contrôles douaniers sur les importations de l’UE avant la fin de l’année 2023, dans le cadre d’un revirement politique majeur annoncé jeudi (28 avril).

Le Bureau du Cabinet britannique a déclaré dans un communiqué que « ce serait une erreur d’imposer de nouvelles exigences administratives aux entreprises, qui pourraient répercuter les coûts associés sur les consommateurs déjà confrontés à des pressions financières ».

Il a ajouté que les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur les chaînes d’approvisionnement et l’augmentation des coûts de l’énergie ont contribué à la décision de retarder l’entrée en vigueur de la directive.

Ce changement d’approche devrait permettre aux importateurs britanniques d’économiser au moins un milliard de livres sterling par an, mais constitue en réalité un aveu de défaite de la part du gouvernement de Boris Johnson.

Jacob Rees-Mogg, le ministre des Opportunités du Brexit, a déclaré que le gouvernement était en discussion avec l’industrie pour examiner la meilleure façon de mettre en œuvre de nouveaux contrôles.

« Nous voulons que le processus d’importation de marchandises en provenance de l’UE soit sûr, sécurisé et efficace et nous voulons exploiter les nouvelles technologies innovantes pour rationaliser les processus et réduire les frictions », a-t-il ajouté.

Le gouvernement souhaite également encourager les entreprises de l’UE à accroître leurs échanges avec le Royaume-Uni. En 2021, les importations en provenance de l’UE ont chuté de 25 % par rapport à celles en provenance d’ailleurs, selon une étude publiée plus tôt cette année par le LSE Centre for Economic Performance.

Le protocole sur l'Irlande du Nord est le principal obstacle à un accord commercial avec les États-Unis

L’impasse relative au protocole sur l’Irlande du Nord est l’un des principaux obstacles à un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni, a déclaré lundi 26 avril la représentante commerciale de Washington, Katherine Tai.

Parallèlement, le think tank universitaire UK in a Changing Europe a révélé jeudi que les barrières commerciales créées par la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE et le nouvel accord de commerce et de coopération avec Bruxelles ont augmenté de 6 % le coût des denrées alimentaires au Royaume-Uni.

Les contrôles douaniers censés être entrés en vigueur en juillet comprennent les certificats sanitaires d’exportation, les déclarations de sûreté et de sécurité, les certificats phytosanitaires et les inspections physiques sur certaines marchandises pour la protection des animaux, des plantes ou de la santé publique.

L’UE a immédiatement introduit des contrôles douaniers sur les marchandises arrivant dans le marché unique en provenance du Royaume-Uni à la fin de la période de transition post-Brexit en janvier 2021. Le gouvernement britannique, cependant, a retardé à plusieurs reprises l’introduction de ses propres contrôles sur les marchandises de l’UE, en partie à cause de retards dans la mise en place de ses procédures frontalières.

L’accord de commerce et de coopération, entré en vigueur après la sortie du Royaume-Uni du marché unique, ne contraint pas le Royaume-Uni à imposer des contrôles douaniers sur les importations de l’UE.

Toutefois, cela signifie qu’il existe un commerce asymétrique entre l’UE et le Royaume-Uni, puisque les exportateurs britanniques continueront d’être soumis aux exigences douanières de l’UE. Cela signifie également que les entreprises de l’UE continueront à bénéficier d’un commerce sans friction, ce qui n’est pas le cas des exportateurs britanniques.

Malgré tout, ce nouveau délai prolongé sera probablement bien accueilli par les entreprises, même si beaucoup se demanderont pourquoi les exportateurs britanniques seront soumis à des contrôles douaniers.

« Compte tenu des circonstances économiques actuelles, il est judicieux de reporter la mise en application des contrôles alimentaires à l’importation », a déclaré William Bain, responsable de la Politique commerciale à la Chambre de commerce britannique.

« Nos recherches ont clairement montré que les contrôles douaniers sur les marchandises et l’augmentation de la paperasserie ont nui à nos exportations vers l’UE, en particulier celles provenant des petites entreprises », a-t-il ajouté.

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