Le yuan doit rester stable, a déclaré la Chine à l’UE [FR]

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La semaine dernière, lors d’une rencontre UE-Chine tenue en vue d’un sommet crucial du G20 qui aura lieu à Londres en avril, le Premier ministre chinois Wen Jiabao, a exclu toute appréciation du yuan, réitérant sa position selon laquelle la monnaie nationale restera stable, sur un fondement raisonnable et équilibré.

Face aux critiques qui accusent la Chine d’adopter une politique consistant à maintenir la monnaie du pays à une valeur artificiellement faible, M. Wen a souligné que depuis 2005, la valeur du yuan a été appréciée de 20 %. Il a réitéré l’objectif chinois de conserver la stabilité de la monnaie sur un fondement raisonnable et équilibré.

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré que l’UE et la Chine partagent le même intérêt pour la nouvelle supervision et les nouveaux mécanismes au niveau mondial, soulignant l’importance d’une prochaine réunion à Londres, en avril, pour donner suite au sommet du G20 de novembre 2008 à Washington. 

En dépit du fait qu’ils soient divisés et peu disposés à agir de manière explicite en faveur du changement, les diplomates européens ont par le passé exprimé des préoccupations par rapport à la valeur artificiellement basse du yuan. Dans un document interne qui a circulé avant le sommet du G20, la présidence française de l’UE a appelé à une réflexion plus approfondie sur les défauts de l’actuel système monétaire international, qui est accusé d’encourager l’accumulation stérile de réserves et de détourner les flux monétaires des investissements productifs dans les pays développés tout comme dans les pays en développement. Toutefois, le document n’a pas reçu le soutien unanime des 27 Etats membres (EURACTIV 03/11/08).

Jusqu’à présent, les Etats-Unis ont été les principaux alliés de la politique monétaire de la Chine. En effet, Pékin a réinvesti une grande partie de son énorme surplus commercial dans des titres américains, ce qui a aidé à gonfler la bulle financière jusqu’à ce qu’elle explose il y a une année. Mais la crise et la nouvelle administration Obama change actuellement les termes de l’alliance.  

En raison de la crise actuelle, l’intervention par rapport au yuan se fait moins urgente. La monnaie chinoise a en effet gagné de la valeur par rapport à l’euro depuis le mois d’août lorsque la débâcle financière a commencer à toucher sévèrement l’Europe. En janvier 2009, l’euro a perdu près de 18 % de sa valeur par rapport au yuan, comparé à janvier 2008. 

Mercredi dernier (28 janvier), Olivier Blanchard, économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), a minimisé l’importance du taux d’échange chinois, indiquant que, selon lui, ce n’est pas un élément central de la crise mondiale.

En 2007, le déficit commercial  avec la Chine a atteint 160 milliards d’euros. Les responsables du monde des affaires continuent d’affirmer que le déséquilibre résulte des obstacles au commerce élevés par les autorités chinoises, mais a également souligné que cette situation découle d’un taux de change artificiellement bas entre le yuan et l’euro. 

Outre l’élimination des obstacles administratifs au commerce, l’Europe tente de temps à autres de convaincre la Chine de corriger le déséquilibre de la monnaie d’échange, faisant pression sur Pékin pour qu’elle se concentre davantage sur son marché intérieur florissant plutôt que sur ses exportations. 

La monnaie chinoise dépréciée et les faibles coûts du travail maintiennent les exportations chinoises à bas prix pour les consommateurs européens. En conséquence, la Chine est désormais la plus importante source d’importation de produits industriels, alors qu’il y a deux siècles, il n’y avait pratiquement pas de commerce entre la Chine et l’UE. 

Les industries européennes, qui ont mis du temps à s’adapter au marché international au cours de la dernière décennie, ont été sévèrement touchées par la nouvelle concurrence asiatique. Les secteurs du textile et de l’acier sont ceux qui en ont le plus souffert. 

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