Les Medef allemands et français font cause commune

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Cet article fait partie de l'édition spéciale Emploi et croissance.

Les organisations patronales françaises et allemandes appellent leurs gouvernements à s’engager en faveur de la compétitivité des entreprises, en amont du conseil franco-allemand du 19 février. 

La principale organisation patronale française, le Medef, et son homologue allemand, la fédération de l'industrie, la BDI se mettent avec entrain à la mode franco-allemande.

Les patrons des deux organisations Pierre Gattaz et Ulrich Grillo se sont rencontrés à Paris le 5 février pour lancer un appel commun à leurs gouvernements respectifs en faveur de la compétitivité des entreprises et de l’emploi en Europe, relançant ainsi le comité de pilotage franco-allemand que les deux hommes avaient amorcé en juillet dernier. 

Un calendrier politique

La rencontre ostensiblement chaleureuse des deux hommes n’a rien d’un hasard de calendrier. Un conseil des ministres franco-allemand doit se tenir 19 février et un Sommet européen qui sera consacré à la compétitivité, à l'industrie et à l'énergie se profile en mars.

Les deux présidents sont apparus soudés, Ulrich Grillo arborant un pins « Un million d’emplois » en soutien à l'engagement de son homologue français dans le cadre du pacte de responsabilité. Les deux hommes se sont aussi donné l’accolade à la fin de la conférence de presse, un geste « surprenant » outre-Rhin, selon un journaliste allemand.

En prévision du sommet européen consacré à l’industrie, les deux organisations patronales ont plaidé en faveur de « l’élaboration d’un véritable Pacte industriel et technologique pour l’Europe, comprenant un agenda pour la compétitivité ». Une demande justifiée par la baisse « alarmante » de la part de l’industrie européenne au niveau mondial, passée de 20,8% à 25,7% entre 2000 et 2012, selon le Medef et la BDI.  

Un gouvernement de la zone euro

Pierre Gattaz et Ulrich Grillo également ont fortement plaidé en faveur d’un gouvernement de la zone euro afin d’assurer une meilleure intégration des politiques économiques et un environnement plus favorable aux entreprises.

Dans une déclaration commune, les deux hommes ont appelé à la création « au sein de la zone euro, d’un organe exécutif permanent ayant des compétences budgétaires et fiscales propres ».

Malgré leur appel en faveur d’une gouvernance renforcée de la zone euro, les deux hommes ont réitéré leur opposition commune à la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières, une des pistes principales à la constitution d'un budget propre à la zone euro. « Une telle taxe serait néfaste pour nos entreprises et notre compétitivité » a martelé Pierre Gattaz.

>>Lire « La taxe sur les transactions financières, enjeu du sommet franco-allemand » 

L’idée de cette taxe, longuement repoussée par la chancelière allemande, Angela Merkel, semble être revenue dans les bonnes grâces de Berlin depuis la mise en place de la grande coalition CDU-CSU et SPD. Et sera un enjeu central du conseil franco-allemand du 19 février.

L’EADS de l’énergie

Du côté de la politique énergétique, les deux présidents ont tempéré l’idée d’une coopération franco-allemande sous forme d’un champion énergétique commun entre les deux pays, sur le modèle d’EADS.

Proposée en janvier par le président français François Hollande à l'industrie allemande, l’idée d’un champion franco-allemand de l’énergie n’a pas semblé séduire les dirigeants des organisations patronales.

« A-t-on besoin d’une entreprise transfrontalière sur le modèle d’EADS ? » a interrogé Ulrich Grillo. « Il faut en discuter, mais il existe beaucoup d’autres possibilités qu’il faut examiner ».

Pour la BDI, l’exemple EADS relève davantage du « symbole ». Pour le Medef, les politiques énergétiques des deux pays sont par ailleurs très différents et se sont même éloignés avec le choix de l’Allemagne sur le nucléaire »

« Nous voulons accomplir un véritable marché intérieur de l’énergie, enrayer la hausse des prix de l’énergie et assurer la garantie des approvisionnements » a détaillé Ulrich Grillo.

Autre promesse présidentielle, la recherche d’une convergence fiscale entre les deux pays d’ici 2020. « Nous avons 116 milliards d’euros de différence fiscale entre la France et l’Allemagne » a relevé Pierre Gattaz. « François Hollande nous a dit qu’il fallait réduire ce différentiel d’ici à 2020, nous attendons les actions » a-t-il poursuivi. 

  • 19 février 2014: conseil des ministres franco-allemand
  • 20-21 mars: Sommet européen qui sera consacré à la compétitivité, à l'industrie et à l'énergie se profile en mars.

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