Passe d’armes entre Malmström et Greenpeace sur l’accord UE-Japon

Cecilia Malmström estime que l'accord UE-Japon offre des protections suffisantes en ce qui concerne le climat et l'environnement. Greenpeace n'est pas d'accord. [European Commission]

La commissaire européenne au commerce fait face à des critiques sévères de l’accord de libre-échange en cours de négociation avec le Japon.

L’enjeu des accords commerciaux revient sur le devant de la scène, avec le Japon cette fois. Greenpeace vient de publier des documents illustrant les propositions des deux parties, qui ne vont pas exactement dans le bon sens selon l’organisation.

L’ONG s’inquiète notamment d’un recul en termes de transparence, et d’un accord non conforme aux engagements environnementaux et climatiques de l’UE. « Pour délivrer des accords commerciaux qui bénéficient à la société et à la nature, l’UE doit respecter ses propres valeurs et principes, et non les sacrifier au nom d’une poignée de multinationales », estime Kees Kode, de Greenpeace. « Le commerce ne doit pas être un but en soi, mais un moyen d’arriver à un équilibre social et écologique qui nous permet de vivre selon les ressources de notre planète. »

Selon un rapport publié par la Commission européenne, les obstacles au commerce et à l’investissement ont augmenté de 10 % depuis un an, causant une perte de 27 milliards d’euros aux entreprises européennes. C’est pourquoi l’exécutif européen œuvre à la conclusion d’accords de libre-échange, notamment celui avec le Japon, dont les négociations pourraient se clôturer dans les jours à venir.

L’accord UE-Japon répète les erreurs du TTIP

Le manque de transparence de ces négociations de libre-échange avec le Japon fait dire aux détracteurs de la Commission que celle-ci n’a rien appris de l’expérience du TTIP et du CETA. Un article d’Euractiv Allemagne.

« Une tempête dans un verre d’eau »

Cecilia Malmström, la commissaire au commerce, a réagi à la fuite de documents en assurant que les inquiétudes et accusations de Greenpeace étaient sans fondement. « Greenpeace n’est pas connu pour son engouement pour le commerce et s’opposera à tout accord de libre-échange, quel qu’il soit », a minimisé la commissaire. « Ce n’est qu’une tempête dans un verre d’eau. »

Elle confirme que les normes sociales et écologiques, ainsi que la protection des consommateurs, « ne sont pas négociables » et seront incluses à tout accord signé par la Commission.

L’accord avec le Japon constitue une « excellente occasion » de promouvoir l’accord de Paris, contrairement à ce que dit l’ONG, insiste Cecilia Malmström. « Et je défie Greenpeace de trouver un autre accord de libre-échange dans le monde entier, à part celui que nous avons négocié avec le Canada, qui en fasse autant », a-t-elle martelé.

La commissaire assure en outre que l’accord se penchera sur la question de l’exploitation forestière illégale. En ce qui concerne la chasse à la baleine, c’est un « sujet sérieux », mais qui n’a rien à voir avec le commerce, estime-t-elle, et sera donc abordé à d’autres occasions, peut-être dans le contexte d’un forum bilatéral qui sera mis en place dans le cadre de l’accord.

La semaine dernière, le Conseil européen a appelé à la conclusion rapide des discussions avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) et le Japon. Les dirigeants européens ont également demandé à la Commission de se pencher sur les options de l’UE en ce qui concerne les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, afin d’assurer la protection des intérêts européens et la justice sur le marché.

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