À Washington, Malmström tente d’éviter les taxes sur les voitures européennes

Jean-Claude Juncker, Donald trump [European Commission]

Cecilia Malmström se rend à Washington le 8 janvier pour un nouveau cycle de négociations avec les responsables américains, la menace de taxes sur les voitures planant sur l’industrie européenne.

Cecilia Malmström, commissaire européenne en charge du commerce rencontrera le représentant américain pour le commerce, Robert Lighthizer, au sein d’un groupe de travail que les deux parties ont mis sur pied après la rencontre de Donald Trump et de Jean-Claude Juncker en juillet.

La réunion tombe à point nommé puisque le département américain du commerce doit publier son rapport qui déterminera si les importations de voitures représentent une menace pour la sécurité nationale, comme Donald Trump le prétend. Des mesures restrictives pourraient ainsi être déclenchées pour viser l’industrie automobile européenne.

Les tensions commerciales sont montées entre l’UE et les États-Unis quand l’administration Trump a imposé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium suite à la publication d’un rapport semblable.

Bruxelles a réagi en lançant un règlement de différend auprès de l’Organisation mondiale du commerce et en mettant en place des mesures de rétorsion sur les produits américains pour une valeur de 2,8 milliards d’euros.

Lors de la rencontre entre Jean-Claude Juncker et Donald Trump en juillet, les présidents se sont accordés à travailler à l’ouverture des deux marchés et à harmoniser les règlementations pour faciliter les échanges et examiner le conflit lié au droit de douane grâce au dialogue.

Selon le communiqué, les parties ont décidé de ne pas aller à l’encontre de l’accord, c’est-à-dire de ne pas imposer de nouveaux droits de douane tant que les discussions sont en cours.

Bruxelles est par conséquent optimiste quant à la menace pesant sur son industrie automobile, mais reconnaît que les cartes sont dans les mains du gouvernement américain.

L’horloge tourne et peu de progrès ont été réalisés ces six derniers mois, notamment sur l’harmonisation des règlementations, une des priorités des Américains. Ce manque d’avancées menace les négociations de s’effondrer.

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Américains et Européens se reprochent mutuellement le manque d’avancées dans les négociations commerciales en cours. Ce qui ravive la possibilité d’une taxe sur les voitures européennes.

Importations de soja américain en hausse

L’un des principaux accords résultant de la réunion des présidents à Washington a été l’augmentation des importations de soja par l’UE. Depuis lors, la Commission communique régulièrement sur les chiffres du commerce.

Selon l’exécutif de l’UE, les importations de soja américain par l’UE ont augmenté de 112 % de juillet à décembre 2018, par rapport à la même période de l’année précédente. Par conséquent, les États-Unis restent le principal fournisseur de l’Europe.

Une hausse qui n’est pas nécessairement due à un remplacement des importateurs au détriment d’autres partenaires, à savoir le Brésil ou le Canada, mais simplement à une augmentation de la demande de soja en Europe.

La Commission a lancé en décembre le processus d’autorisation de l’utilisation du soja américain pour la production de biocarburants en Europe, ce qui permettra d’augmenter encore les importations.

Réforme de l’OMC

L’UE et les États-Unis se sont engagés à travailler ensemble pour lutter contre les pratiques commerciales mondiales déloyales, notamment en réformant l’OMC.

Bruxelles a présenté une proposition en novembre de l’année dernière, dont l’objectif principal était de répondre aux préoccupations des États-Unis concernant le fonctionnement de l’organisation. Pour l’administration Trump, ce n’était pas suffisant.

Bruxelles soutient toutefois que même en dépit du blocage imposé par l’administration Trump aux nouvelles nominations à l’Organe d’appel de l’OMC, les États-Unis – qui ont menacé de se retirer de l’organisation – sont disposés à négocier.

La réforme de l’OMC sera à l’ordre du jour de la commissaire Cecilia Malmström lors de son voyage à Washington.

En outre, des représentants des États-Unis, de l’UE et du Japon se réuniront le 9 janvier pour évaluer d’autres pratiques commerciales illégales affectant leurs marchés, le regard tourné vers la Chine.

Des responsables américains se rendent également à Pékin cette semaine pour rencontrer leurs homologues chinois, car la trêve au conflit commercial décidée en décembre va bientôt prendre fin.

Sauvegardes permanentes

À la suite de la décision américaine d’imposer des droits supplémentaires sur les produits sidérurgiques de l’UE, Bruxelles a ouvert une enquête pour déterminer l’incidence de cette décision sur le marché européen et a annoncé des mesures de sauvegarde provisoires.

La Commission a conclu que les mesures restrictives imposées par l’administration Trump avaient perturbé le marché européen.

Bruxelles a donc notifié à l’OMC son intention de rendre ces mesures de sauvegarde permanentes pour une période de trois ans.

Les mesures de sauvegarde viseront 26 catégories de produits sidérurgiques et prendront la forme d’un contingent tarifaire de 25 %, qui ne sera imposé que lorsque les importations dépasseront la moyenne des importations.

Tous les membres de l’OMC qui se sentent concernés peuvent consulter la Commission, avant qu’une décision finale ne soit prise. Les mesures devraient entrer en vigueur début février.

Juncker promet des mesures de représailles contre les États-Unis

L’UE répondra à toute provocation venant des États-Unis sur le commerce ou sur d’autres sujets, a prévenu le président de la Commission européenne avant son voyage à Washington la semaine prochaine.

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