Trump promet un accord commercial «phénoménal» à Londres

epa07625134 Le président américain, Donald Trump (à gauche), et la Première ministre britannique; Theresa May (à droite); quittent le 10 Downing Street après leur rencontre à Londres, le 4 juin 2019. [EPA-EFE/WILL OLIVER]

Le président américain a promis un accord commercial « phénoménal » au Royaume-Uni post-Brexit. Il envisage de multiplier par plus de deux les échanges commerciaux, mais prévient que les conditions devront être négociées.

Donald Trump, en visite d’État au Royaume-Uni, a félicité Theresa May, Première ministre sortante, sur sa gestion des négociations du Brexit. Lors d’une conférence de presse commune, il a aussi estimé que les deux pays partageaient « la plus belle alliance que le monde ait jamais connue ».

Plus tôt dans cette deuxième journée de Donald Trump à Londres, les deux dirigeants ont discuté de l’avenir de leur coopération sur le commerce, la défense et les renseignements. Le président américain a aussi réitéré son appel pour que les membres de l’OTAN, dont le Royaume-Uni, respectent leur engagement d’allouer 2 % de leur PIB à la défense.

La perspective d’un accord de libre-échange avec les États-Unis ne fait cependant pas moins de vagues au Royaume-Uni qu’au sein de l’UE, où l’accord a finalement été abandonné.

Le Royaume-Uni a inclus une clause dans l’accord UE-Canada afin de clarifier que son service de santé (NHS) ne serait pas obligé de s’ouvrir à la concurrence des firmes canadiennes. Le gouvernement a aussi promis que la NHS ne serait remise en cause dans aucun de ses futurs accords. Sur la question d’un plus grand accès des producteurs agricoles américains au marché britannique, le gouvernement actuel est divisé.

Cela ne décourage pas Donald Trump, qui assure que pour qu’il y ait un accord « tout doit être renégocié ». « En ce qui concerne le commerce, tout est négociable, la NHS ou quoi que ce soit d’autre. Bien d’autres choses. Tout est négociable. »

« Pas tant que je serai là », a rétorqué le ministre à la Santé, Matt Hancock, un des candidats au poste de Premier ministre.

Même son de cloche du côté d’Angus MacNeil, président de la commission du commerce international à la Chambre des communes : « ce serait une erreur catastrophique que de se précipiter dans des négociations avec les États-Unis sans vraie stratégie commerciale globale ».

Selon les chiffres du trésor britannique, un accord commercial avec les États-Unis ne ferait monter le PIB que de 0,2 %.

Donald Trump a également rejeté les rumeurs selon lesquelles les États-Unis pourraient limiter le partage de renseignements avec Londres si le Royaume-Uni utilisait l’infrastructure du géant chinois des télécommunications Huawei, insistant pour que les deux pays parviennent à un accord sur cette question.

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L’impétueux président américain a fait preuve de retenue lors de sa conférence de presse avec Theresa May, saluant ses efforts, qui ont mis selon lui le Royaume-Uni dans une « bonne situation ». Par le passé, il s’est toujours félicité de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, estimant que ce serait « merveilleux » durant la visite de Theresa May à Washington, en janvier.

Theresa May a pour sa part indiqué qu’elle n’avait pas suivi le conseil du président, qui lui proposait de poursuivre l’UE en justice, et s’est montrée prudente quant à un accord commercial.

Donald Trump a également pris pour cible le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn, qui a refusé de se joindre au banquet organisé par la Reine. Le travailliste est « une force quelque peu négative », a dit le président, ajoutant qu’il avait refusé de le rencontrer pendant sa visite. Il a plus tard fait marche arrière, indiquant qu’il n’aurait « aucun problème » à rencontrer le travailliste, après les révélations selon lesquelles il a notamment rencontré Nigel Farage en privé.

À quelques encablures dans le centre de Londres, Jeremy Corbyn était l’orateur principal d’une manifestation contre la visite de Donald Trump à laquelle ont participé des dizaines de milliers de manifestants, accusant le président américain d’avoir « créer un sentiment accru de haine ».

Les huées et les moqueries des manifestants à l’extérieur de Downing Street étaient audibles durant la conférence de presse Trump-May. Fidèle à sa réputation, le président américain a pourtant minimisé l’importance de la manifestation contre sa visite à l’extérieur de Downing Street comme une « fake news » et a affirmé, à tort, que des milliers de personnes s’étaient rassemblées dans les rues pour l’encourager.

Jamais étranger à la controverse, Donald Trump a également poursuivi sa querelle avec le maire de Londres, Sadiq Khan, qu’il décrivait lundi comme un « perdant ». Sadiq Khan a lui répondu en expliquant ses arguments dans une vidéo.

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