Le candidat britannique à la présidence de l’OMC minimise la querelle autour du Brexit

Liam Fox, le candidat britannique à la présidence de l'OMC.

Liam Fox, le candidat britannique à présidence de l’Organisation mondiale du commerce, a insisté sur le fait que le Brexit ne biaiserait pas sa perspective. Les huit candidats en lice ont pris part à trois jours d’auditions.

« Heureusement, tout le monde ne considère pas tous les sujets à travers le prisme du Brexit », a déclaré Liam Fox, ancien ministre britannique du Commerce international, lors d’une session extraordinaire du Conseil général de l’OMC à Genève, vendredi 17 juillet.

« Si je devais être élu directeur général… la Grande-Bretagne serait l’un des 164 pays dont nous nous occuperions sans crainte ni faveur », a-t-il ajouté.

Parmi les huit candidats qui s’affrontent pour remplacer le directeur général Roberto Azevedo, qui rendra son mandat en août, Liam Fox a été le dernier à s’exprimer lors des trois jours d’auditions organisés du 15 au 17 juillet.

Aucun candidat d’un pays de l’UE n’est entré en lice. Le commissaire au commerce, Phil Hogan, qui avait été pressenti pour se lancer dans la course, a décidé de ne pas se présenter.

Le Royaume-Uni a fait de l’organisation basée à Genève une institution prioritaire au sein de laquelle il souhaite exercer une influence, après avoir quitté l’Union européenne en janvier et à moins de six mois de sa sortie du marché unique.

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Malgré cela, Liam Fox est considéré comme ayant peu de chances décrocher le poste qu’il convoite. À Genève, des observateurs avertis soulignent qu’il n’y a aucune chance pour que les pays de l’UE le soutiennent. Lui se targue d’entretenir des liens étroits avec le parti républicain américain et espère que cela se traduira par un soutien de l’administration Trump.

Le secrétaire américain au commerce, Robert Lighthizer, a déclaré qu’« un pays développé devrait assumer la responsabilité » de la présidence, ce qui laisse entendre que Liam Fox ou Yoo Myung-Hee, le candidat sud-coréen, pourraient avoir les faveurs des États-Unis.

Depuis quelques années, les États-Unis sont cependant considérés comme l’un des pays les plus obstructionnistes de l’OMC. Après avoir bloqué toutes les nominations à la cour d’appel de l’organisation et après l’avoir accusée de les traiter de manière inéquitable, leur voix devrait avoir moins de poids lors de cette désignation.

Les discussions sur un nouvel accord commercial UE-Royaume-Uni ont n’ont fait que de lents progrès depuis qu’elles ont débuté en février. Comme le gouvernement de Boris Johnson insiste pour ne pas prolonger la période de transition post-Brexit, la perspective que les échanges commerciaux entre les deux parties soient régis selon les règles de l’OMC s’est précisée, avec, à la clé, la réintroduction de droits de douane à partir de janvier 2021.

« Dans ce cas, la discussion entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sur le Brexit serait du ressort de ces deux parties », a commenté Liam Fox.

Les candidats ont jusqu’à début septembre pour obtenir le soutien des 164 pays membres de l’OMC, l’idée étant qu’un candidat soit désigné par consensus.

Tous les candidats ont souligné la nécessité pour l’OMC de retrouver un élan politique après des années où les efforts de l’organisation pour stimuler le commerce mondial ont été entravés par le protectionnisme et l’obstructionnisme de la Chine et des États-Unis, qui risquent maintenant de s’intensifier en raison de la récession mondiale provoquée par la pandémie de coronavirus.

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Il a été suggéré de reporter la nomination du nouveau directeur général jusqu’après les élections présidentielles américaines de début novembre, mais cette proposition a été rejetée par Jesus Seade, le candidat mexicain. Il a déclaré mercredi 15 juillet que la nomination devrait se faire « le plus rapidement possible » en raison de la « crise profonde » qui mine l’OMC.

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