Vive mobilisation de l’opposition à la veille du vote sur le CETA

Le Canada autorise notamment les saumons OGM, contrairement à l'Europe.

Les députés français doivent valider l’adoption du traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne mardi 23 juillet. Un sujet qui suscite une très forte mobilisation.

Les élus français n’en sont pas à un paradoxe près. Mardi matin (23 juillet), la jeune militante du climat Greta Thunberg est attendue à l’Assemblée nationale, où elle sera accueillie avec enthousiaste par le premier groupe de la chambre, celui de La Republique En Marche. L’après-midi, les mêmes doivent se prononcent sur la ratification du traité de libre-échange avec le Canada, le CETA, qui suscite une forte mobilisation contre lui.

« Comment peut-on être à ce point contradictoire » s’interroge Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, sur CNews. Les Verts, la gauche radicale, mais aussi l’extrême-droite ont été rejoints par 25 députés Les Républicains, qui craignent que le traité ne déstabilise la filière bovine.

Dans une tribune publiée dans le JDD, 25 députés LR ont signé une tribune contre le CETA, intitulée « Ne faisons pas de l’alimentation un marqueur de classe sociale ».

« Ne pas approuver le CETA reviendrait à être un vil réactionnaire protectionniste, fermé au monde; ce raisonnement est à la fois simpliste et caricatural », avancent les élus, dont le parti est d’ordinaire le plus favorable au libre-échange, et qui est donc accusé par LREM d’opportunisme politique.

« Le problème n’est pas exclusivement celui du CETA; il réside dans l’accumulation de ces traités de libre-échange », soutiennent les élus de droite.

Lundi, c’est l’ex-ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui a demandé aux députés « d’avoir le courage de dire non » dans une tribune contre le traité.

« Nous avons échoué à apporter les garanties nécessaires sur le veto climatique, les farines animales, les nouveaux OGM, la sauvegarde du principe de précaution à l’européenne…Nous avons échoué à réformer la politique commerciale européenne », résume l’ex-allié d’Emmanuel Macron.

Nicolas Hulot appelle le Parlement à rejeter le CETA

L’ancien ministre de la Transition écologique appelle le Parlement français à ne pas ratifier le traité de libre-échange entre l’UE et le Canada, qu’il juge en totale contradiction avec les engagements environnementaux affichés par l’exécutif.

Le principal argument du président d’honneur de la Fondation Nicolas Hulot réside dans le nivellement par le bas des normes sanitaires qui semble se profiler avec le CETA : l’UE commence à relever les limites maximales de résidus (LMR) autorisées pour certaines substances et produits, et cette harmonisation règlementaire se fait aux dépens des consommateurs.

Ainsi la Commission a proposé de muliplier par 10 les résidus autorisés de clothianidine. Ce pesticide néonicotinoïde est interdit en Europe ; il est utilisé au Canada sur les pommes de terre.

Pour l’heure, le dossier est bloqué par une objection du Parlement européen. Un herbicide interdit en Europe, le 2,4-D, fait l’objet d’une procédure similaire.

L’ancien ministre déplore aussi que le Canada vienne d’attaquer l’UE, aux côtés des États-Unis et du Brésil, devant l’OMC, à propos du principe de précaution utilisé pour interdire les perturbateurs endocriniens et autres substances cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques.

« Quand tous les lobbys essayent déjà d’enfoncer la porte, pourquoi leur donner un bélier avec le CETA? » résume Nicolas Hulot.

Les quotas de viande embarrassent la France dans les accords commerciaux

Alors que la France monte au créneau contre les quotas de viande prévus au sein de l’accord UE/Mercosur, elle programme dans le même temps la ratification du CETA, pourtant dénoncé par les producteurs de viande bovine.

Une majorité plutôt soutenue par la population 

Face à cette levée de boucliers, le gouvernement d’Édouard Philippe compte sur sa solide majorité, soit 304 députés sur 577, pour faire passer le texte coute que coute.

Selon un sondage Ifop pour le journal Fakir, dirigé par l’élu France Insoumise, François Ruffin, le CETA divise les Français. 50 % seraient plutôt pour, dont 40 % dans les électeurs de la France Insoumise, 51 % des électeurs du PS et 72 % des électeurs LREM. Des positions plutôt neutres sur le sujet a priori.

En revanche, quand le sondeur assure que les Canadiens nourrissent leurs bêtes aux farines animales et modifient génétiquement leurs saumons, 80 % des Français refusent d’autoriser en France de la viande nourrie aux farines animales ou du saumon OGM.

La majorité assure que la vente d’animaux nourris aux farines animales reste interdite en Europe comme les saumons OGM.

C’est donc plutôt sur les normes et les taux de pesticides autorisé que la question du CETA se pose réellement.

La justice européenne donne sa bénédiction au CETA

Le nouveau système de règlement des différends entre investisseurs privés et États inclus dans l’accord commercial entre l’UE et le Canada est compatible avec le droit européen, a conclu l’avocat général de la CJUE.

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