A Davos, Ursula von der Leyen et Donald Trump s’efforcent d’arrondir les angles

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne et Donald Trump, le président américain. [Stephan Wermuth/EPA]

Ursula von der Leyen, qui a rencontré Donald Trump à Davos, s’est engagée à faire avancer les relations transatlantiques après une période de tensions et de menaces commerciales entre les deux alliés.

« En tant qu’Européenne et partisane d’une relation transatlantique forte, il était important pour moi de mettre en avant les liens indéfectibles entre nos sociétés et nos économies », a souligné la présidente de la Commission européenne dans une déclaration, à l’issue de la rencontre.

En dépit des tensions qui perdurent dans divers secteurs, Ursula von der Leyen a fait cause commune avec les États-Unis sur certains sujets, tels que la crise iranienne. Pour la présidente de la Commission, entrée en fonction en décembre, cette première rencontre avec le président américain représentait « une bonne occasion de nouer des liens personnels ».

La réunion, qui s’est déroulée en marge du forum, a été décrite par l’équipe d’Ursula von der Leyen comme « un échange de vues amical entre alliés » ayant permis de « comparer des notes et des positions sur divers thèmes d’actualité, notamment sur le commerce, la technologie et l’énergie ».

Les commissaires au commerce, Phil Hogan, et au marché intérieur, Thierry Breton, également présents dans la salle, se sont abstenus de parler à la presse.

Tensions commerciales

Les relations transatlantiques ont connu une période difficile depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Celle-ci s’est traduite par l’émergence de litiges commerciaux, parmi lesquels figure l’imposition, par les États-Unis, de droits de douane sur les exportations européennes d’aluminium et d’acier.

Les négociations commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne sont depuis longtemps au point mort.

Ursula von der Leyen souhaite que cela change, et Donald Trump aussi. « Nous en parlons depuis un certain temps et nous espérons que nous pourrons faire quelque chose », a-t-il déclaré à la présidente de la Commission. « Un accord entre nous et (…) l’Europe est quelque chose que nous voulons tous être en mesure de réaliser », a-t-il ajouté.

Le commissaire au commerce, Phil Hogan, était à Washington la semaine dernière pour la première fois afin de rencontrer son homologue américain, Robert Lighthizer, et ouvrir la voie à de nouvelles négociations commerciales.

« Je me réjouis de travailler avec le président Trump sur les opportunités et les défis qui nous attendent. Je suis persuadée que nous pouvons nous engager dans un programme positif en matière de commerce, de technologie, d’énergie et dans bien d’autres secteurs encore », a indiqué Ursula von der Leyen.

Trump et Macron calment le jeu sur la taxe numérique

Donald Trump et Emmanuel Macron ont convenu de suspendre toute surenchère dans le conflit qui oppose Washington et Paris sur la taxe française sur le numérique d’ici la fin des négociations en cours au sein de l’OCDE.

Selon le communiqué de la Maison-Blanche, Donald Trump a dit à Ursula von der Leyen qu’elle avait la réputation d’être « une négociatrice difficile ». « C’est une mauvaise nouvelle pour nous, car nous allons parler d’un accord commercial important », a-t-il ajouté.

Trump se lance des fleurs

Quelques heures avant de rencontrer Ursula von der Leyen, Donald Trump s’était exprimé dans le cadre du Forum économique mondial. Dans un discours plutôt centré sur les affaires internes — son intervention a eu lieu quelques heures avant le début d’un processus de destitution à son encontre et dans le contexte des prochaines élections de novembre —, il s’est vanté des performances de l’économie américaine durant son mandat.

« Toutes les décisions que nous prenons en matière de commerce, de fiscalité, de réglementation, d’énergie, d’immigration, d’éducation et dans d’autres secteurs sont destinées à améliorer la vie des Américains ordinaires », a-t-il fait valoir devant l’assistance.

Donald Trump a également loué son bilan en matière de politique commerciale, notamment les accords avec le Mexique et le Canada et l’ouverture récente de négociations avec la Chine, qui ont fait suite à une grave crise commerciale. « Nos relations avec la Chine n’ont probablement jamais été meilleures », a-t-il affirmé.

« La Chine a consenti à faire des choses qu’elle n’aurait jamais faites auparavant », a déclaré le président américain, énumérant certaines concessions accordées par Pékin, telles que l’acceptation de mesures visant à protéger la propriété intellectuelle, le renoncement aux transferts de technologie forcés, la suppression d’obstacles concernant les produits agricoles et l’ouverture de son secteur financier.

Le président américain n’a pas mentionné les liens commerciaux transatlantiques dans son discours. Il a cependant enjoint les pays européens à acheter du gaz américain, comme convenu dans la déclaration commune qu’il avait signée avec l’ancien président de la Commission, Jean-Claude Juncker, en juillet 2018.

« Le gaz naturel américain étant désormais disponible en abondance, nos alliés européens n’auront plus à être vulnérables face à des fournisseurs d’énergie hostiles », a-t-il affirmé. « Nous demandons instamment à nos amis européens d’utiliser les vastes réserves américaines, ce qui leur permettra d’assurer véritablement leur sécurité énergétique », a-t-il ajouté.

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