Ursula von der Leyen veut repartir du bon pied avec les États-Unis

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. [VEPA-EFE/GIAN EHRENZELLER]

La présidente de la Commission estime que le moment est « opportun » pour améliorer la relation UE-États-Unis, sans préciser quand elle présenterait une offre commerciale à Donald Trump afin d’éviter de nouveaux droits de douane.

Lors du sommet BusinessEurope, Ursula von der Leyen a rappelé que sa rencontre avec Donald Trump au sommet de Davos en janvier dernier s’était bien passée.

Après la réunion, elle avait même déclaré qu’un accord pourrait être trouvé « d’ici à quelques semaines » pour améliorer la relation bilatérale, alors que les exportations européennes sont toujours menacées de se voir appliquer de nouvelles taxes douanières.

« Il pourrait y avoir une dynamique permettant à nos relations de repartir du bon pied », a-t-elle déclaré le 5 mars.

A Davos, Ursula von der Leyen et Donald Trump s’efforcent d’arrondir les angles

Ursula von der Leyen, qui a rencontré Donald Trump à Davos, s’est engagée à faire avancer les relations transatlantiques après une période de tensions et de menaces commerciales entre les deux alliés.

L’offre à venir devrait renforcer la coopération bilatérale en matière de commerce, d’énergie et de technologie. Mais les détails de la proposition et le moment où Ursula von der Leyen se rendra à Washington pour en discuter avec Donald Trump restent flous.

« J’ai parfaitement conscience que l’accord que nous allons établir devra être compatible avec [les règles de] l’Organisation mondiale du commerce et avec le mandat de l’UE », a déclaré Ursula von der Leyen.

Les mesures devraient ainsi proposer la suppression des droits de douane sur les produits industriels et alléger certaines contraintes réglementaires, notamment la procédure d’évaluation de la conformité appliquée à certains produits.

L’une des questions les plus controversées de ces négociations commerciales reste l’inclusion d’un volet agricole aux pourparlers.

Washington entend réduire son déficit de 12 milliards d’euros dans ses échanges commerciaux agricoles avec l’UE, mais les partenaires européens ont exclu ce chapitre du mandat l’année dernière.

L’une des questions abordées portait sur la levée éventuelle de certaines barrières réglementaires (mesures sanitaires et phytosanitaires – SPS) pour faciliter l’exportation de certains produits agricoles.

Mais la Commission européenne et les États membres ont déclaré qu’ils n’incluraient pas dans cette révision des produits controversés tels que le poulet chloré ou le bœuf traité aux hormones, a indiqué Phil Hogan, le commissaire au commerce, à la presse en février.

Le 17 mars, Phil Hogan se rendra aux États-Unis pour la troisième fois depuis janvier afin de prononcer un discours sur la réforme de l’OMC — une priorité absolue pour l’UE — à l’université de Georgetown. Le lendemain, il se rendra au Canada, à Ottawa, pour participer à une réunion du groupe d’Ottawa, qui réunit 13 membres de l’OMC partageant les mêmes idées.

Selon des sources de l’UE, aucune réunion n’est prévue à ce stade avec l’administration américaine, bien que celle-ci soit prête à l’envisager si l’occasion se présente.

Les nouveaux droits de douane américains sur l’UE entrent en vigueur

Avions, vins français, fromages italiens, whiskys écossais : les États-Unis ont imposé vendredi pour 7,5 milliards de dollars de droits de douane supplémentaires sur un éventail de marchandises en provenance des pays de l’Union européenne.

Phil Hogan avait affirmé qu’il existait une « fenêtre de tir » pour parvenir à un accord avec les États-Unis d’ici au 18 mars, date à laquelle les droits de douane sur les produits aéronautiques européens passeront de 10 à 15 % dans le cadre de l’affaire Airbus.

Les Européens ont interprété comme un signe positif le fait que Washington n’ait pas encore imposé de taxes douanières plus élevées sur les produits agroalimentaires, comme ils auraient pu le faire en réponse aux subventions européennes octroyées à Airbus.

Mais malgré le léger optimisme affiché per les Européens, il est peu probable que le mini-paquet commercial soit finalisé à temps pour la visite de Phil Hogan aux États-Unis, estiment des sources européennes.

« Le travail n’est pas facile, mais on constate un réel engagement des deux côtés », a assuré Peter Powell, le chef de cabinet de Phil Hogan, mercredi 4 mars.

« Il n’existe pas de solution miracle. Le travail est lent, détaillé, rugueux et porte sur un large éventail de questions », a-t-il poursuivi.

Sans compter que les élections américaines de novembre, la propagation du coronavirus et la volatilité des marchés boursiers constituent autant de menaces pour les négociations transatlantiques, a prévenu Peter Powell.

Des États membres réclament de la transparence sur les négociations commerciales avec les États-Unis

Certains États membres, qui s’estiment trop peu informés, s’inquiètent de la tournure que prennent les discussions commerciales avec les États-Unis. Ils se disent « nerveux » sur le contenu de l’accord.

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