Emmanuel Macron présidera « une cérémonie d’hommage national » à Jacques Delors en janvier, figure de la construction européenne mort mercredi (27 décembre) à l’âge de 98 ans, a annoncé l’Élysée ce vendredi (29 décembre).
Le président de la République avait salué à l’annonce de sa disparition un « inépuisable artisan de notre Europe » et « une figure tutélaire de la scène politique depuis 40 ans ».
La cérémonie se tiendra vendredi prochain (5 janvier) à 11 h à l’hôtel des Invalides, a précisé l’Élysée, confirmant une information de Franceinfo.
Ancien président de la Commission européenne (1985-1995), père du marché commun, de l’euro et d’Erasmus, l’ancien ministre de l’Économie de François Mitterrand a également été salué par les dirigeants européens comme un « visionnaire » et un « bâtisseur » de l’Europe.
« L’œuvre de sa vie […] a façonné des générations entières d’Européens, dont la mienne », a notamment commenté Ursula von der Leyen, actuelle présidente de la Commission européenne.
En France, Jacques Delors avait constitué l’espoir éphémère de la gauche à la présidentielle de 1995, en refusant d’être candidat alors qu’il était le favori dans les sondages.
Sa carrière politique avait ensuite marqué le pas, mais il était resté un fervent défenseur de l’Europe.
Avec ses centres de réflexion, « Club témoin » ou « Notre Europe » (devenu ensuite « Institut Jacques-Delors » et installé à Paris, Bruxelles et Berlin), il a plaidé jusqu’au bout pour un renforcement du fédéralisme européen, réclamant davantage d’« audace » à l’heure du Brexit et des attaques de « populistes de tout acabit ».
En mars 2020, il avait encore appelé les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à plus de solidarité au moment où ces derniers s’écharpaient sur la réponse commune à apporter à la pandémie de Covid-19.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


