Bruxelles réclame de nouvelles concessions sur le rachat de Monsanto par Bayer

Magrethe Vestager s'inquiète de la fusion Monsanto-Bayer. [Parlement européen]

La Commission européenne réclame de nouvelles concessions afin d’approuver le rachat du géant américain des pesticides et OGM Monsanto par le groupe allemand de chimie-pharmacie Bayer.

En août dernier, Bruxelles a ouvert une enquête approfondie sur le rachat de Monsanto par Bayer, une opération de 66 milliards de dollars (56 milliards d’euros), annoncée en 2016 et qui doit donner naissance à la plus importante entreprise mondiale de pesticides et de semences.

L’exécutif européen, garant de la concurrence dans l’UE, avait alors dit craindre que la concentration ait des répercussions négatives sur certains marchés, réduisant de fait la concurrence sur plusieurs produits au détriment des agriculteurs.

«Les semences et les pesticides sont essentiels pour les agriculteurs et, en définitive, pour les consommateurs », a déclaré Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence. « Nous devons garantir une concurrence effective, de manière à permettre aux agriculteurs d’avoir accès à des produits innovants de meilleure qualité et à des prix compétitifs. Dans le même temps, il faut préserver un environnement dans lequel les entreprises peuvent innover et investir dans des meilleurs produits.»

L’entité issue de la concentration détiendrait non seulement le plus grand portefeuille de pesticides, mais serait également l’acteur le plus puissant sur les marchés mondiaux des semences et des caractères agronomiques, devenant ainsi la plus grande entreprise intégrée du secteur. La Commission compte donc sur son enquête pour déterminer si l’accès des concurrents aux distributeurs et aux agriculteurs est susceptible de devenir plus difficile dans le cas où Bayer et Monsanto viendraient à grouper ou à lier leurs ventes de pesticides et de semences, notamment avec l’avènement de l’agriculture numérique.

L’agriculture numérique consiste à récolter des données et des informations sur les exploitations agricoles dans le but de fournir des conseils individualisés et des données agrégées aux agriculteurs. Aussi bien Bayer que Monsanto investissent actuellement dans cette technologie émergente.

En outre, l’opération aurait lieu dans des branches d’activités déjà concentrées au niveau mondial, comme le montrent les concentrations récentes entre Dow et Dupont et entre Syngenta et ChemChina, dans lesquelles la Commission est intervenue pour préserver la concurrence dans l’intérêt des agriculteurs et des consommateurs.

Selon une source proche du dossier, la Commission a adressé à Bayer une « communication des griefs », sorte d’acte d’accusation dans le jargon bruxellois, répertoriant les raisons qui pourraient l’amener à bloquer le rachat.

La cession annoncée mi-octobre par Bayer de près de 6 milliards d’euros d’activités agrochimiques à son rival BASF pour faciliter le rachat de Monsanto n’est donc pas considérée comme suffisante.

La Commission a jusqu’au 5 mars pour donner ou non son feu vert dans ce dossier, mais des sources proches estiment que la date sera probablement encore retardée.

Contactés par l’AFP, Bayer et la Commission se sont refusés à tout commentaire.

La Commission européenne réclame de nouvelles concessions afin d’approuvr le rachat du géant américain des pesticides et OGM Monsanto par le groupe allemand de chimie-pharmacie Bayer.

En août dernier, Bruxelles a ouvert une enquête approfondie sur le rachat de Monsanto par Bayer, une opération de 66 milliards de dollars (56 milliards d’euros), annoncée en 2016 et qui doit donner naissance à la plus importante entreprise mondiale de pesticides et de semences.

L’exécutif européen, garant de la concurrence dans l’UE, avait alors dit craindre que la concentration ait des répercussions négatives sur certains marchés, réduisant de fait la concurrence sur plusieurs produits au détriment des agriculteurs.

«Les semences et les pesticides sont essentiels pour les agriculteurs et, en définitive, pour les consommateurs », a déclaré Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence. « Nous devons garantir une concurrence effective, de manière à permettre aux agriculteurs d’avoir accès à des produits innovants de meilleure qualité et à des prix compétitifs. Dans le même temps, il faut préserver un environnement dans lequel les entreprises peuvent innover et investir dans des meilleurs produits.»

L’entité issue de la concentration détiendrait non seulement le plus grand portefeuille de pesticides, mais serait également l’acteur le plus puissant sur les marchés mondiaux des semences et des caractères agronomiques, devenant ainsi la plus grande entreprise intégrée du secteur. La Commission compte donc sur son enquête pour déterminer si l’accès des concurrents aux distributeurs et aux agriculteurs est susceptible de devenir plus difficile dans le cas où Bayer et Monsanto viendraient à grouper ou à lier leurs ventes de pesticides et de semences, notamment avec l’avènement de l’agriculture numérique.

L’agriculture numérique consiste à récolter des données et des informations sur les exploitations agricoles dans le but de fournir des conseils individualisés et des données agrégées aux agriculteurs. Aussi bien Bayer que Monsanto investissent actuellement dans cette technologie émergente.

En outre, l’opération aurait lieu dans des branches d’activités déjà concentrées au niveau mondial, comme le montrent les concentrations récentes entre Dow et Dupont et entre Syngenta et ChemChina, dans lesquelles la Commission est intervenue pour préserver la concurrence dans l’intérêt des agriculteurs et des consommateurs.

Selon une source proche du dossier, la Commission a adressé à Bayer une « communication des griefs », sorte d’acte d’accusation dans le jargon bruxellois, répertoriant les raisons qui pourraient l’amener à bloquer le rachat.

La cession annoncée mi-octobre par Bayer de près de 6 milliards d’euros d’activités agrochimiques à son rival BASF pour faciliter le rachat de Monsanto n’est donc pas considérée comme suffisante.

La Commission a jusqu’au 5 mars pour donner ou non son feu vert dans ce dossier, mais des sources proches estiment que la date sera probablement encore retardée.

Contactés par l’AFP, Bayer et la Commission se sont refusés à tout commentaire.

 

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