Bruxelles enquête sur les prix abusifs des médicaments anti-cancer 

Les prix de certains médicaments contre le cancer ont augmenté de 1500%. [Wikimedia Commons]

La Commission européenne a annoncé l’ouverture d’une enquête officielle sur les pratiques tarifaires du laboratoire Aspen Pharma pour ses traitements contre le cancer.

Suite à un accord conclu entre six pays du sud de l’Europe (Malte, Chypre, Grèce, Italie, Espagne et Portugal), qui ont décidé de coopérer « en toute confiance, loyauté, solidarité et transparence pour un meilleur accès aux médicaments », la Commission lance une enquête pour déterminer si l’entreprise pharmaceutique Aspen Pharma a abusé de sa position dominante sur le marché.

Six pays s’allient pour négocier les prix des médicaments

Six États membres du sud de l’UE ont signé une déclaration commune pour améliorer leur coopération, et négocier ensemble le prix des médicaments face à l’industrie pharmaceutique.

La tarification et l’accès aux médicaments est une priorité de la présidence maltaise du Conseil, qui espère dynamiser les systèmes de santé en difficulté dans toute l’Europe.

En octobre dernier, l’autorité italienne de concurrence a puni Aspen Pharma d’une amende de 5 millions d’euros pour avoir fait du chantage à l’agence nationale des médicaments.

Augmentation des prix allant jusqu’à 1 500 %

Aspen avait menacé de cesser les livraisons d’un traitement oncologique crucial, principalement utilisé pour les enfants et les personnes âgées, si l’Italie refusait de payer davantage.

Dans un communiqué, l’agence italienne des médicaments indique que l’entreprise, seul fournisseur de ce type de traitements, a abusé de sa position sur le marché et que l’amende concerne des « prix fixes injustes » qui ont été augmenté jusqu’à 1 500 %.

Un scandale italien relance le débat sur le prix des médicaments

Le Bureau européen des unions de consommateurs appelle la Commission à enquêter sur les pratiques de tarification des médicaments de l’industrie pharmaceutique après un scandale en Italie.

L’enquête a été qualifiée de prioritaire par la Commission européenne. Elle permettra de déterminer si les pratiques de l’entreprise constituent une infraction des règles européennes de concurrence.

« En cas de maladies graves, il peut arriver que la vie des patients dépende de la disponibilité de certains médicaments. Les sociétés qui les produisent devraient voir leurs efforts récompensés, de sorte qu’elles soient incitées à en poursuivre la production », a déclaré Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence. « Mais lorsque le prix d’un médicament augmente soudainement de plusieurs centaines de pour-cent, il y a matière pour la Commission à enquêter. »

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), qui appelle la Commission à enquêter depuis l’an dernier, s’est félicité de la décision et qualifie d’« encourageant » le fait que le problème soit étudié sous un angle européen.

« Les consommateurs comptent sur l’industrie pharmaceutique pour leur permettre de guérir, et souvent de leur sauver la vie. Les grandes entreprises ne doivent cependant pas pouvoir abuser de cette dépendance, ce qui semble être exactement la résultat des politiques de tarification en place », souligne l’organisation.

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