Découverte d’un important cartel énergétique en Allemagne [FR]

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D’après les informations obtenues par le Spiegel, l’Office fédéral des ententes (Bundeskartellamt) a rassemblé un ensemble considérable de preuves concernant l’entente sur les prix et le comportement anticoncurrentiel des quatre principaux fournisseurs allemands de gaz et d’électricité.

Selon le Spiegel, lors de plusieurs rencontres secrètes entre 2003 et 2006, les PDG des quatre principaux fournisseurs allemands d’énergie – E.ON, RWE, Vattenfall (de Suède) et EnBW (appartenant partiellement par le français EDF) – ont échangé des informations sensibles et confidentielles sur leur entreprise et ont discuté de stratégies communes concernant un certain nombre de marchés.

Le 3 novembre, l’hebdomadaire allemand relatait que l’Office fédéral des ententes (Bundeskartellamt) avait déjà réuni un rapport de 30 pages en novembre 2006 contenant des allégations importantes de comportement de cartel et constitué à partir de milliers de preuves obtenues par la Direction générale Concurrence de la Commission. 

D’après ce rapport, E.ON a en particulier réalisé des efforts considérables pour influencer les prix de l’énergie, notamment par le déclassement anticipé de centrales nucléaires. 

L’Office fédéral des ententes a déclaré que les preuves de comportement de cartel étaient apparues de manière impressionnante au cours de l’enquête.

On ne sait pas encore si ces preuves d’activités de cartel vont modifier l’opposition de l’Allemagne aux propositions de nouvelles règles pour libéraliser les marchés énergétiques de l’UE. Cependant, suite à l’article du Spiegel, les ministres de l’Economie de deux des plus grands Länder d’Allemagne, Dietrich Austermann du Schleswig-Holstein et Alois Rhiel de la Hesse, tous deux chrétiens-démocrates, ont déjà intensifié les appels au démantèlement des géants de l’énergie.

De plus, selon l’agence Reuters, le 21 octobre, seulement une semaine avant la divulgation de cette affaire de cartel, le ministre fédéral de l’Economie Michael Glos avait émis des doutes sur les hausses les plus récentes et apparemment coordonnées des prix du gaz et de l’électricité par E.ON et RWE.

M. Glos demandait notamment comment ces hausses de prix pouvaient être justifiées, considérant la considérable dépendance vis-à-vis du lignite, bon marché, et le fait que les centrales nucléaires produisant de l’électricité sont presque totalement dépréciées.

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