L’UE veut défendre les olives espagnoles face à Washington

Les politiciens de l’UE craignent que les mesures antidumping aient un impact sans précédent sur les produits européens. [Shutterstock]

Le Parlement appelle la Commission à trouver une solution aux mesures antidumping imposée par les États-Unis sur certains produits agricoles, notamment les olives espagnoles.

En janvier, le ministère du Commerce américain a imposé des droits antidumping de 17,13 % en moyenne sur les olives espagnoles, et des droits compensateurs de 4,47 % établis en novembre 2017 pour tous les produits exportés espagnols.

Dans une résolution adoptée le 15 mars, les législateurs européens ont appelé la Commission à prendre des mesures diplomatiques pour réduire ces droits de douane excessifs. « Le Parlement européen invite les autorités américaines à revenir sur leur décision provisoire et à rétablir une approche mutuellement constructive dans ce domaine, au profit des producteurs et des consommateurs des deux côtés de l’Atlantique », indique la résolution.

« Quant à la question des subventions, la Commission a fourni aux autorités américaines de nombreuses preuves tout au long du processus […] L’UE a été et reste un fervent partisan d’un système commercial international fondé sur des règles et joue constamment selon les règles de l’OMC », ont déclaré des sources au sein de la Commission.

L’argument principal des Américains est que les importations telles que les olives noires espagnoles sont subventionnées par la PAC et se vendent donc à bas prix, entraînant des dommages dans le secteur américain. « Les États-Unis apprécient leurs relations avec l’Espagne, mais même les pays amis doivent respecter les règles », précise Wilbur Ross, le secrétaire américain du Commerce, en novembre 2017.

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Ces mesures antidumping ont fortement touché l’Andalousie, causant de graves dommages économiques à la communauté agricole.

« Nous sommes tout à fait conscients de l’importance du secteur oléicole en Espagne, en Andalousie en particulier, où le secteur représente la principale source de revenus de milliers de familles », a déclaré la Commission.

« La Commission défend les intérêts des producteurs d’olives de l’UE en coopération avec les autorités espagnoles depuis le début de cette procédure […] Les droits de douane n’étant pas encore définitifs, nous continuerons à utiliser tous les moyens dont nous disposons pour garantir un résultat équitable à ces enquêtes », ont expliqué les sources.

La Commission juge que ces subventions ne faussent pas les échanges commerciaux et respectent l’annexe II de l’accord sur l’agriculture de l’Organisation mondiale du commerce et reconnu au titre de sa « catégorie verte ». Ces produits ne peuvent donc pas faire l’objet de droits compensateurs en vertu de l’article 2 de l’OMC relatif aux subventions et aux mesures compensatoires.

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Le fromage français prochain sur la liste

Les politiciens de l’UE craignent que cette décision ait un impact sans précédent sur les produits européens et souhaite envoyer un message clair à la tendance « protectionniste » des États-Unis avant que d’autres produits ne soient touchés.

La décision des États-Unis serait particulièrement inquiétante, car elle montre que Washington « remet en question la politique agricole commune de l’UE », raison pour laquelle l’UE ne devrait pas se laisser faire, estime Esther Herranz, eurodéputée du PPE.

« La compétitivité du secteur espagnol résulte des efforts déployés par les producteurs pour réduire les coûts grâce aux investissements dans les technologies de pointe, et non aux subventions européennes », explique l’eurodéputée, ajoutant que les États-Unis ne respectent eux-mêmes pas les règles de l’OMC.

« Les producteurs européens craignent qu’après les olives espagnoles, l’administration Trump s’attaque à n’importe quel autre secteur européen : les fromages français, les vins italiens ou les saucisses allemandes pourraient être les prochaines cibles », a-t-elle averti.

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Réactions

Commentant le vote du Parlement européen, Pekka Pesonen, secrétaire général de Copa-Cogeca, a déclaré : « la position des députés montre aujourd’hui qu’il est injustifié que les olives espagnoles soient imposées au total à 25 % pour entrer sur le marché américain. Nous sommes déçus de la décision des États-Unis. C’est injustifié et disproportionné et cela va à l’encontre de notre intérêt commun de développer de bonnes relations commerciales avec les États-Unis ».

« La Copa et la Cogeca appellent donc la Commission à agir contre ces mesures injustifiées », a ajouté Pekka Pesonen.

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