Les institutions européennes font pression pour la création d’un régime de paiement européen afin de compléter les régimes offerts par les sociétés en place. Celles-ci ont pourtant souligné la coûteuse perte de temps qu’impliquerait l’intensification de la concurrence dans les services de paiement.
La Banque centrale européenne, qui exerce une forte influence sur les systèmes de paiement au sein de l’UE, a soutenu la Commission en se déclarant en faveur d’un nouveau système la semaine dernière lors de la conférence Eurofi à Nice, une des principales réunions financières de l’année.
Jean-Michel Godeffroy, directeur général des systèmes de paiement à la BCE, a déclaré que Visa et MasterCard ne suffisaient pas, ajoutant qu’il fallait davantage de concurrence sur le marché européen des paiements.
Les banques en quête de sécurités
Mais les milieux bancaires européens, qui devraient assumer le coût de la mise en place d’une alternative européenne à Visa et MasterCard, demandent en outre plus de sécurités juridiques de la part de la Commission afin de pouvoir développer un modèle économique durable pour leurs propres régimes de paiement.
Pour les banques, le scénario le plus approprié serait de conserver le système actuel de commissions interbancaires multilatérales (CIM). Dans ce système, les banques se versent mutuellement des frais pour effectuer un certain nombre de services, frais qu’elles répercutent ensuite sur leurs clients.
La Commission a toujours adopté une ligne dure à l’égard des CIM, notamment par rapport aux activités liées aux cartes de paiement. Elle estime en effet que ce type de commissions pénalise injustement les consommateurs. La firme MasterCard a d’ailleurs été menacée de sanctions financières en raison des droits qu’elle perçoit (EURACTIV 20/12/07) alors que Visa attend une nouvelle décision de la Commission suite à l’expiration de la période d’exemption dont elle avait bénéficiée au début 2008 (EURACTIV 27/03/08).

