La fusion Alstom Siemens serait « proche du déraillement »

EPA-EFE/ETIENNE LAURENT

La Commission européenne s’apprêterait à rejeter le projet de rapprochement entre les groupes français et allemand, jugeant insuffisants les remèdes proposés pour réduire l’impact sur la concurrence dans les trains à grande vitesse en Europe. Un article de notre partenaire, la Tribune.

Le verdict de la Commission européenne sur le rapprochement entre Alstom et Siemens doit être rendu au plus tard le 18 février. Mais d’ores et déjà, « l’affaire se présente mal » selon des défenseurs du dossier cités par L’Est républicain et « les signaux qui viennent en ce moment de Bruxelles ne sont pas bons » selon une autre source au fait du dossier citée par Les Échos. Les deux journaux concluent que la fusion serait « proche du déraillement » ou de « la sortie de route ».

La Direction générale à la concurrence serait prête à poser ce veto à ce rapprochement, annoncé le 26 septembre 2017, et qui vise à créer un champion franco-allemand du ferroviaire capable de rivaliser avec le groupe public chinois CRRC et le canadien Bombardier. Elle s’inquiète de l’impact sur le marché des trains à grande vitesse en Europe.

Le 12 décembre dernier, les deux groupes ont adressé à la Commission une liste de concessions, de « remèdes » aux nombreux « griefs » signifiés par la DG Concurrence, principalement des cessions dans les activités de signalisation et les produits de matériels roulants, représentant « environ 4 % du chiffre d’affaires de l’entité combinée. »

« Il n’y a pas de certitude que leur contenu soit suffisant pour répondre aux préoccupations de la Commission » avaient alors précisé les deux groupes.

Inquiétudes à Londres, Bruxelles, Madrid et Amsterdam

Quelques jours plus tard, le 18 décembre, la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager avait à nouveau exprimé ses réserves et insisté sur l’importance d’obtenir les avis de toutes les parties intéressées, y compris les concurrents et les représentants syndicaux. En France, ces derniers sont contre le rapprochement qu’ils perçoivent comme une absorption et une filialisation d’Alstom par Siemens.

Dans une lettre ouverte rendue publique le 20 décembre, les autorités de la concurrence britanniques, conjointement avec celles des Pays-Bas, de Belgique et d’Espagne, avaient confié leurs inquiétudes, estimant que « la perte globale de concurrence provoquée par la fusion serait très importante ».

« Il est clair que les remèdes proposés par les deux groupes sont loin d’être suffisants pour répondre à toutes les préoccupations », avaient-ils déclaré dans cette lettre.

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