Monti critique les idées franco-allemandes sur la politique industrielle

Le commissaire à la concurrence a remis en cause les tentatives de Paris et de Berlin pour créer des “champions européens“ lors d’une conférence d’AmCham EU sur la politique de concurrence le 15 juin 2004.

Suite à sa réunion récente avec les commissions
du Sénat français qui s'est tenue à huis clos, le commissaire
européen à la concurrence Mario Monti a exprimé son point de vue
sur la politique de la concurrence, notamment en relation avec
l'idée d'une "politique industrielle pro-active".

L'Allemagne et la France ont récemment proposé
la création de "champions industriels européens", une idée qui a
été également formulée par l'ancien ministre des finances français
Dominique Strauss-Kahn dans son rapport récemment publié, intitulé
"Construire l'Europe Politique - 50 propositions pour l'Europe de
demain" (voir

le 12 juin
2004). Certains hommes politiques se sont plaints que les fusions
ont été rendues plus difficiles dans l'UE, facilitant ainsi des
rachats ultérieurs par des sociétés nord-américaines.

Prêchant apparemment à des convaincus,
principalement des cabinets d'avocats internationaux et des
représentants d'entreprises américaines, le commissaire a reçu des
soutiens à sa philosophie basée sur le marché et fermement défendu
la politique européenne actuelle en matière de concurrence.

Monti estime que "le débat français est erroné"
et que "le débat est limité à la France et à l'Allemagne". En
outre, il a déclaré que la concurrence pouvait faciliter les
activités de fusions-acquisitions au sein des frontières
européennes et ne les empêchait pas. En effet, à son avis, les
marchés s'ouvrent de plus en plus et peu de fusions ont été
refusées par la Commission.

Par ailleurs, Monti a attiré l'attention sur le
fait que les "champions nationaux" n'ont pas toujours été couronnés
de succès. Tandis que les exemples comme Vivendi Universal ont
montré que de tels champions ne donnaient pas forcément des
entreprises prospères, dans d'autres cas, les consommateurs et les
contribuables risquent de se voir confrontés à une augmentation des
prix ou des subventions accordées.

Le collègue de Monti, Frits Bolkestein, a
exprimé un point de vue identique. Dans un article récent sur les
perspectives financières, il a attaqué la France et l'Allemagne
pour leur approche de la politique industrielle, estimant que les
deux gouvernements utilisaient les craintes actuelles liées à la
désindustrialisation comme une excuse pour renforcer
l'interventionnisme d'Etat (voir

).

 

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