Poussée vers la sortie, la présidente de l’Autorité de la Concurrence se dit « surprise » et « déçue »

« J’espérais continuer, c’est vrai, parce qu’on a mené des chantiers difficiles et importants », a déclaré lundi 11 octobre la présidente sortante de l’Autorité de la Concurrence (AdlC) sur BFM Business.  [Autorité de la Concurrence]

La présidente de l’Autorité de la Concurrence, Isabelle de Silva, a révélé la semaine dernière qu’elle ne serait pas reconduite dans ses fonctions, abandonnant les « chantiers difficiles » du moment, dont le projet de fusion TF1-M6.

« J’espérais continuer, c’est vrai, parce qu’on a mené des chantiers difficiles et importants », a déclaré lundi 11 octobre la présidente sortante de l’Autorité de la Concurrence (AdlC) sur BFM Business. « Sur le moment, j’ai eu un petit peu de surprise mais je respecte la liberté de choix de l’autorité qui décide [le Président de la République, NDLR] », a-t-elle précisé, ne cachant pas sa déception.

Si Isabelle de Silva fait part de sa « surprise », c’est qu’elle a expliqué samedi 9 octobre dans les colonnes du Financial Times que « jusqu’à il y a quelques jours, [elle] étai[t] assez confiante » à propos de son renouvellement.

Mme de Silva a été nommée à la tête de l’autorité le 14 octobre 2016 par décret. Pendant ces cinq années, elle n’a pas hésité à se confronter aux géants du numérique et son mandat a notamment été marqué, récemment, par l’amende record de 500 millions d’euros infligée à Google pour ne pas avoir négocié « de bonne foi » avec les éditeurs de presse dans le cadre d’un accord sur les droits voisins.

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Rapprochement entre TF1 et M6

L’annonce de son départ, ou plutôt de son non-renouvellement, intervient à six mois du premier tour des élections présidentielles et alors que l’autorité devrait se positionner prochainement sur le rapprochement entre les chaînes TF1 et M6, afin de faire émerger un champion français de l’audiovisuel.

Côté gouvernement, ce projet est vu d’un bon œil. « Cette fusion ne m’inquiète pas. Il y a deux choses que j’observe avec intérêt, c’est le respect du pluralisme dans les médias et le respect des règles de la concurrence », avait déclaré la ministre de la Culture Roselyne Bachelot sur Franceinfo fin août.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, qui doit rendre son avis sur cette fusion début 2022, a indiqué, par la voix de son président, Roch-Olivier Maistre, qu’il trouvait « naturel » et « compréhensible » que les acteurs du paysage audiovisuel français se « mettent en ordre de marche » pour « développer leur capacité d’investissement et une sorte de souveraineté culturelle ».

« C’est un dossier difficile. C’était l’une des raisons pour lesquelles je pensais que c’était la bonne chose de continuer le travail que nous avons commencé ces derniers mois », a déclaré Mme de Silva sur BFM Business.

L’AdlC pourrait être en effet être l’organe avec le plus de réserves car ce nouveau « champion » hériterait de la grande majorité du marché publicitaire audiovisuel.

« Je me suis dit que ce n’était pas forcément une bonne chose de changer de capitaine au milieu d’une affaire aussi importante et difficile », a-t-elle précisé au Financial Times.

Mme de Silva va désormais réintégrer le Conseil d’État et sera remplacée par Emmanuel Combe, vice-président de l’autorité depuis 2012, dans l’attente de la nomination par décret du président de la République, après avis des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat.

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