Google contraint d’ouvrir son comparateur d’achat en ligne à la concurrence

Margrethe Vestager [European Commission]

Google doit ouvrir le 28 septembre sa plate-forme d’achat en ligne à la concurrence. La Commission surveille activement le sujet.

Après l’amende de 2,42 milliards d’euros imposée par la Commission à Google pour abus de position dominante, le site doit, à partir du 28 septembre, ouvrir ses services de comparatifs de prix à la concurrence. Google devrait soumettre un rapport pour informer la Commission de la manière dont il met en œuvre la décision. Le premier rapport devra être rendu en début d’année prochaine, et l’entreprise devra continuer à en produire durant cinq ans.

La commissaire danoise n’a pas précisé si elle était satisfaite des solutions proposées par le géant de la tech pour l’heure. Elle a préféré insister sur l’importance de l’application par Google des recours proposés à l’exécutif le mois dernier. « C’est à Google de montrer qu’ils en sont capables et nous surveillerons cela de près », a-t-elle déclaré.

En juin dernier, l’exécutif européen avait accusé Google d’abuser de sa position dominante en donnant « un avantage illégal » à son service de comparateur d’achats en ligne (Google Shopping) dans les résultats de recherche.

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La Commission européenne a imposé une amende de 2,42 milliards d’euros, pour avoir enfreint les règles de concurrence de l’UE en favorisant son moteur de recherche.

Pour remédier à ce problème, Google vendra au plus offrant les emplacements en haut de la page de recherche, et n’en réservera aucun à Google Shopping. Le géant pense que ce système dissipera la principale inquiétude de la Commission : assurer le principe d’égalité de traitement entre tous les sites de comparaison de prix.

Afin de s’assurer que le système ne privilégie pas Google Shopping, la Commission a fait appel aux services de deux sociétés de conseil externes : KPMG et Mavens, étant donné leur expertise sur les donner et sur les résultats de recherche Internet.

« Il est très important de nous entourer des bonnes personnes pour nous aider à cette surveillance », a expliqué Margrethe Vestager.

Sociétés concurrentes

Elle a également expliqué que la Commission attendait l’avis des sociétés rivales sur les solutions proposées par Google dans les prochains mois avant de donner son feu vert. « Il est important de prendre très au sérieux la vision des acteurs du marché sur tout cela », a-t-elle déclaré aux journalistes.

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Le géant américain a toutefois minimisé l’avis des plaignants, tant que le principe de traitement égal est pleinement respecté.

Certaines des sociétés rivales ne sont cependant pas satisfaites des solutions proposées et sont prêtes à boycotter la nouvelle décision du moteur de recherche.

Malgré l’existence de plus de 200 sites de comparaison de prix, seule une douzaine ont exprimé leur volonté de faire une offre pour un emplacement proposé par Google.

« Nous donnons aux services de comparaison de prix la même chance de faire leur publicité sur les pages de recherche Google que celle que nous donnons à Google Shopping », a déclaré un porte-parole de Google.

« Google Shopping rivalisera sur un pied d’égalité et opèrera comme s’il s’agissait d’une entreprise bien distincte, en participant à la vente aux enchères comme tout le monde », a-t-il ajouté.

En effet, pour garantir le fait que Google Shopping n’a pas un accès privilégié aux emplacements par rapport aux services rivaux, le géant va établir le service en tant qu’unité indépendante, isolé des autres équipes.

Le nouveau département Google Shopping devra donc être financièrement viable, indépendamment de la société mère.

Quid du déclassement ?

La solution ne dissipera pas directement une autre préoccupation de la Commission : le déclassement des services rivaux de comparateur de prix à cause des critères introduits par les algorithmes Google.

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En juin dernier, l’exécutif affirmait que les services concurrents haut placés n’apparaissaient en moyenne qu’à la quatrième page.

Google a de son côté rappelé que sa solution visait à garantir le traitement égal, principale inquiétude des autorités européennes, et a exclu toute modification de l’algorithme.

La Commission a ouvert deux autres poursuites contre Google. La plus importante se réfère à Android, son système d’exploitation pour smartphones. L’autre concerne AdSens, le service de placements de publicités sur les pages de résultats de recherche ou sur des pages tierces.