COP28 : 30 pays s’engagent en faveur de l’hydrogène propre

« Il s’agit d’une avancée majeure », a expliqué Sigrid Kaag, vice-première ministre des Pays-Bas, lors d’une table ronde organisée dans le cadre du sommet sur le climat COP28, qui s’est tenue à Dubaï le 5 décembre. [Photo credit: EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Les efforts visant à promouvoir une économie mondiale de l’hydrogène progressent, avec le lancement à la Conférence sur les changements climatiques (COP28) de Dubaï d’une coalition de 30 pays s’engageant en faveur de la reconnaissance mutuelle des certificats d’hydrogène propre et d’une nouvelle norme internationale pour les technologies de l’hydrogène.

L’atome d’hydrogène est très abondant sur Terre. Pour l’utiliser en tant que combustible — dont la combustion est non carbonée — il faut l’isoler des éléments où on le trouve. Il est couramment fabriqué via le reformage de combustibles fossiles à la vapeur d’eau, mais peut également être fabriqué par l’électrolyse de l’eau, qui nécessite de l’électricité.

L’hydrogène peut donc aussi bien être extrêmement polluant lorsqu’il est produit à partir du charbon, que très écologique lorsqu’il est produit à partir d’énergie éolienne ou solaire. Pour que les producteurs d’hydrogène propre — aussi appelé « hydrogène vert » — puissent commercialiser leur gaz dans les meilleures conditions, il est nécessaire d’établir une norme mondialement acceptée.

D’autant plus que, dans les années à venir, l’hydrogène est appelé à jouer un rôle crucial dans la décarbonation des industries lourdes telles que la sidérurgie et la chimie. Des pays comme l’Allemagne par exemple prévoient d’en importer de grandes quantités depuis des régions qui peuvent produire ce gaz à faible coût à partir d’électricité issue de l’énergie solaire.

Lors d’une table ronde organisée dans le cadre de la COP28 de Dubaï mardi (5 décembre), Sigrid Kaag, vice-première ministre et ministre des Finances des Pays-Bas a déclaré que la coalition constituait « une avancée majeure ». Celle-ci « permettrait la circulation transfrontalière d’hydrogène renouvelable et à faible teneur en carbone sur de longues distances pour la première fois dans l’histoire », a-t-elle ajouté.

Aujourd’hui, la majeure partie de l’hydrogène est produite et utilisée localement, principalement par l’industrie chimique et les raffineries. Cependant, l’augmentation de la demande dans les pays industrialisés s’accompagne d’une augmentation de la demande de transport d’hydrogène.

Par conséquent, le Japon, l’Allemagne, la Namibie et les Émirats arabes unis ont proposé un accord de « reconnaissance mutuelle de la certification » de l’hydrogène propre, signé par une trentaine de pays, dont l’Inde, les États-Unis, le Brésil, l’Arabie saoudite et le Chili. La Chine — qui, selon le rapport 2023 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur l’hydrogène a pris la tête du déploiement des électrolyseurs dans le monde — ne fait pas partie des signataires de l’accord.

La coalition rassemble les consommateurs et les producteurs potentiels d’hydrogène propre.

Comme la demande de l’Allemagne « continuera à augmenter de manière exponentielle jusqu’en 2050, nous devrons importer de grandes quantités d’hydrogène », a expliqué Stefan Wenzel, secrétaire d’État allemand pour les Affaires économiques et l’Action climatique.

Pour appuyer cette annonce, l’Allemagne s’est engagée à verser 125 millions d’euros supplémentaires au fonds pour l’hydrogène vert de la Banque européenne d’investissement (BEI).

Du point de vue de l’Afrique, l’hydrogène est vu comme un « catalyseur essentiel pour le transport durable d’électrons et de molécules », a expliqué Tom Alweendo, ministre de l’Énergie de la Namibie, un pays jouissant d’un ensoleillement considérable.

« En créant un cadre fondé sur des principes communs, nous voulons éviter la fragmentation du marché », a déclaré M. Alweendo. Par ailleurs, cela pourrait garantir que la valeur de l’hydrogène soit « déterminée non seulement par son contenu énergétique, mais aussi par sa durabilité ».

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Une nouvelle norme ISO

L’initiative est soutenue par le lancement d’une norme mondiale établie par l’Organisation internationale de normalisation (ISO).

« Aujourd’hui marque le lancement public de la méthodologie pour l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre de la chaîne d’approvisionnement en hydrogène développée par l’ISO », a expliqué Ulrika Francke, présidente de l’organisation.

La dénomination officielle est « ISO/TS 19870:2023 » et sera au cœur de la règlementation mondiale de l’hydrogène à l’avenir.

« Il s’agit d’une méthodologie véritablement internationale » visant à contrôler le gaz de la production à la consommation et à évaluer ce qui se passe à tous les stades, y compris le transport, a ajouté Mme Francke. La norme comprendra également une évaluation des fuites d’hydrogène, en réponse aux préoccupations croissantes concernant l’impact de celles-ci sur le climat.

Cette norme sera « un outil pour gagner la confiance des investisseurs et des consommateurs dans les filières de l’hydrogène », a conclu Mme Francke.

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[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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