COP28 : Ursula von der Leyen salue « le début de l’ère post-fossiles »

L’accord conclu « marque le début de l’ère post-fossiles », a déclaré la présidente de la Commission européenne. [Commission européenne]

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué mercredi (13 décembre) l’accord conclu lors de la 28e Conférence des Parties sur le Climat de l’ONU (COP28), y voyant l’aube d’un monde nouveau sans charbon ni pétrole.

Le texte final, adopté mercredi au matin, invite les parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à tripler la capacité des énergies renouvelables au niveau mondial et à doubler le taux moyen annuel d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici à 2030.

L’accord conclu « marque le début de l’ère post-fossiles », a déclaré la présidente de la Commission européenne sur les réseaux sociaux.

Le texte invite également les pays à « effectuer une transition hors des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques » d’ici à 2050, conformément à la science. La version originale du texte, en anglais, emploie le terme « transition away », qui peut se traduire par « transitionner hors de », « s’éloigner de », et non pas l’expression « phase-out ». Un choix des mots qui a son importance puisque cette dernière option, demandée par certains États, correspond à une « élimination progressive » et non à une « transition », un terme plus flou qui a finalement été retenu.

« Une part cruciale de cet accord historique a été faite en Europe », s’est réjouie la présidente de l’exécutif européen. « Le monde entier s’est approprié nos objectifs européens pour 2030 : tripler les énergies renouvelables et doubler l’efficacité énergétique. »

Wopke Hoekstra, commissaire européen au Climat, a également évoqué une décision historique, affirmant qu’elle permettrait d’amorcer une transition « irréversible » et « accélérée » vers l’abandon des combustibles fossiles.

« Grâce à cette décision, nous avons atteint notre but : garder l’objectif des 1,5 [degrés] à notre portée et marquer le début de la fin des énergies fossiles », a-t-il déclaré sur X.

Peter Liese, chef de la délégation du Parlement européen à la COP28, s’est également montré optimiste, même s’il a regretté que le texte final ne mentionne pas une « élimination progressive » des combustibles fossiles comme le demandait pourtant l’UE.

« C’est vraiment historique, la COP a décidé d’abandonner les combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Le nucléaire a également sa place », a-t-il déclaré. « [Le texte] ne mentionne pas le mot “élimination progressive”, mais il s’agit bien d’une élimination progressive des combustibles fossiles. Je m’attends à ce que les stocks d’énergies renouvelables, d’efficacité énergétique et de nucléaire augmentent. »

Pessimisme du côté des États insulaires

L’alliance des petits États insulaires s’est montrée moins optimiste quant à la formulation sur les combustibles fossiles. « La formulation est certainement un pas en avant, elle parle de la transition vers l’abandon des combustibles fossiles d’une manière inédite dans le processus », a déclaré le groupe dans un communiqué.

Toutefois, le groupe a ajouté que le texte ne parlait pas spécifiquement d’une élimination progressive des combustibles fossiles et qu’il n’était pas à la hauteur du défi que représente le maintien du réchauffement de la planète en dessous de 1,5 °C.

« Il s’agit d’un changement progressif et non transformationnel », a déclaré l’alliance.

Outre, la majorité des réactions ont été positives.

« Les combustibles fossiles ont finalement été pris en compte lors des négociations sur le climat de l’ONU après trois décennies passées à éviter les yeux de tous. Ce résultat historique marque le début de la fin de l’ère des combustibles fossiles », a déclaré Ani Dasgupta, président-directeur général du World Resources Institute.

Linda Kalcher, directrice exécutive de Strategic Perspectives, un groupe de réflexion, a déclaré que  «pour la première fois, les négociations des Nations unies sur le climat ont abordé la nécessité d’arrêter de brûler des combustibles fossiles. La COP28 marque le début de la fin de l’ère des combustibles fossiles. Ce résultat doit être mis en œuvre par les gouvernements et les marchés, mais il signale clairement le début de la fin du charbon, du pétrole et du gaz dans l’économie mondiale et la croissance massive des énergies renouvelables ».

Pas de marché international du carbone

Le plus grand échec de la COP28 concerne sans doute la création d’un marché international du carbone, les négociateurs n’ayant pas réussi à trouver un accord sur la manière de rendre opérationnel l’article 6 de l’Accord de Paris.

Carbon Market Watch, une ONG environnementale, a déclaré que l’absence d’accord sur le sujet valait mieux qu’un mauvais accord.

« L’absence de compromis laisse les marchés du carbone de l’ONU dans un état d’incertitude et d’instabilité, mais évite l’adoption de règles inadéquates qui auraient limité l’ambition climatique, permis des échanges douteux et facilité le greenwashing », a conclut l’ONG.

Avec les informations complémentaires de l’AFP.

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[Édité par Anne-Sophie Gayet & Paul Messad]

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