Bruxelles espère réduire le piratage avec la fin du géoblocage

Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne et commissaire au marché unique numérique. [Foreign and Commonwealth Office/Flickr]

Les lois qui régissent le secteur culturel en Europe « poussaient la population à voler », selon Andrus Ansip. Mais changer la situation », ne sera pas une tâche « facile ». Un article de notre partenaire, Euroefe.

Grâce aux moyens que l’Union européenne s’apprête à mettre en œuvre pour lutter contre le piratage, les Européens pourront « très bientôt » utiliser leurs abonnements « en ligne » dans n’importe lequel des 28 États membres de l’UE pour accéder aux contenus payants, a affirmé Andrus Ansip, le commissaire au marché unique numérique .

Il déplore que les règles en matière de droits d’auteurs actuellement en vigueur datent « d’avant l’apparition du monde numérique et des réseaux sociaux ».

Le vice-président de la Commission européenne s’est exprimé à l’occasion de l’inauguration de la troisième édition de « Culture en réseau », un forum de discussion sur les industries culturelles confrontées au nouveau marché unique numérique, organisé par Bertelsmann, Grupo Planeta, NBC Universal, Prisa et la Commission européenne, qui a participé pour la première fois en tant qu’organisateur.

« Géoblocage »

Selui lui, la proposition législative de Bruxelles contre le « géoblocage » deviendra donc réalité. À l’heure actuelle, les consommateurs sont confrontés à des obstacles injustifiés lors de l’achat de biens ou de services sur Internet en raison de leur pays d’origine, et seulement 36 % de la population européenne ne rencontre pas ce problème.

C’est pourquoi Andrus Ansip préconise d’« abolir » ce blocage entre pays et d’œuvrer pour un « accès légal », ce qui permettra par ailleurs de « stimuler » la « diversité culturelle » pour que la culture puisse circuler à travers le continent européen tout entier.

>> Lire : Le marché unique numérique prend du retard

Participation aux débats

En plus de l’intervention du commissaire européen, la directrice de coopération de la DG communication de la Commission européenne, Linda Corugedo Steneberg, a également insisté sur la nécessité d’un marché unique numérique qui « facilite l’accès transfrontalier » des contenus en ligne aux citoyens européens.

Óscar Sáenz de Santa María, directeur général des industries culturelles et du livre, a quant à lui rappelé qu’il était essentiel de prendre conscience de l’importance du marché unique numérique, qui ouvre de nouvelles opportunités de commerce et représente un marché potentiel de 500 millions de personnes.

Cependant, pour pouvoir profiter pleinement de cette aubaine, il convient de « défendre les droits des créateurs et des vendeurs », sans quoi « toute opportunité disparaîtra ». « Toute évolution technologique doit s’accompagner d’un changement de réglementation », a-t-il indiqué.

Le responsable de la propriété intellectuelle au sein du groupe Prisa, José Manuel Gómez, qui s’est montré favorable au projet, a rappelé qu’il était « indispensable de mettre sur pied une législation harmonisée » avec des droits d’auteur européens, et nécessaire de créer un « marché numérique ibéro-américain ».

>> Lire : Marché unique numérique contre secrets d’affaires, le match est ouvert

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