Pour être accessible à tous, Erasmus doit augmenter son budget de 40%

D'après Tibor Navracsics, pour éradiquer les inégalités au sein du programme Erasmus, les États membres devront « investir au moins 40 % de fonds en plus ». [European Commission]

Le commissaire européen à l’éducation et à la culture, Tibor Navracsics, préconise un renforcement de « l’attrait social » du programme Erasmus et invite à cet égard les États membres à octroyer les fonds nécessaires. Un article d’EurActiv Espagne.

« Le programme Erasmus est très critiqué. Certains prétendent d’ailleurs qu’il s’agit d’un projet réservé à une élite. Nous savons que toutes les familles ne peuvent pas assumer le coût d’un départ à l’étranger », a déclaré Tivor Navracsics à l’EFE, à Madrid.

Le 2 mars, le commissaire hongrois participait à l’événement « España Digital » organisé par l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT), qui a ouvert les portes de son siège espagnol.

D’après le commissaire, pour éradiquer les inégalités au sein du programme Erasmus, qui vient de célébrer son 30e anniversaire, les États membres devront « investir au moins 40 % de fonds en plus ».

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L’exécutif européen vient de lancer une consultation publique ouverte à tous, y compris aux professeurs, aux étudiants et au personnel administratif. Le but est de rassembler des idées pour améliorer le programme qui, d’après Tibor Navracsics, « forge une identité européenne ».

Le commissaire a souligné que la Commission devrait notamment renforcer l’attrait social du programme et y consacrer davantage de fonds. « Il n’est pas question de changer une équipe qui gagne. Le programme Erasmus est une réussite et nous ne devons pas le modifier, mais simplement l’améliorer », a-t-il expliqué.

Il a ajouté que « si nous obtenons les fonds nécessaires de la part des États membres et un budget suffisant pour les étudiants, la prochaine étape sera de renforcer l’attrait social du programme afin de donner aux étudiants moins aisés la possibilité d’y participer ».  Il a cité des facteurs tels que l’ajustement budgétaire en avertissant qu’ « investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir ».

Le commissaire a également souligné le rôle positif de la technologie dans la formation les jeunes: « La technologie nous aide à préparer les jeunes à s’insérer sur le marché du travail. »

Il a cependant admis que l’utilisation d’Internet posait un certain nombre de problèmes auxquels les jeunes générations pourraient être exposées, et a préconisé d’« apprendre à lire les messages et les commentaires correctement, et de les comparer avec la réalité. C’est le seul moyen de démêler le vrai du faux. »

Pendant son interview, le commissaire n’a pas souhaité donner son « opinion personnelle » sur la réglementation fiscale s’appliquant à la culture en Espagne et a refusé de commenter les cinq scénarios sur l’avenir de l’Europe présentés par Jean-Claude Juncker en début de semaine. « Le meilleur scénario sera celui dans lequel nous ferons le meilleur usage du patrimoine culturel de l’Europe », a-t-il insisté.

Tibor Navracsics a conclu en rappelant qu’en 2018, l’UE célèbrera l’année européenne du patrimoine culturel, « l’occasion de réfléchir sur notre identité et sur ce que signifie être Européen ».

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