Le conflit entre Moscou et Kiev déteint sur l’Eurovision

Yulia Samoilova [TASS/ Twitter]

L’Ukraine, pays organisateur du concours de l’Eurovision cette année, a interdit de territoire la candidate russe, après avoir découvert qu’elle avait chanté en Crimée en 2015. Une décision qui compromet sa participation au concours.

En mai prochain, l’Ukraine accueillera le concours musical de l’Eurovision, au cours duquel des chanteurs de plus de 43 pays s’affronteront sur scène. La demi-finale se tiendra à Kiev les 9 et 11 mai et le nom du grand vainqueur sera dévoilé lors du show final, le 13 mai.

Eurovision : on a compté les points

La chanson « 1944 » de la candidate ukrainienne Jamala faisant référence à la déportation des Tatars par Staline, le drapeau du Haut-Karabakh, brandi par Iveta, la chanteuse arménienne, ou encore la mise en scène suédoise ont beaucoup fait parler ces derniers jours sur la politisation de l’Eurovision.

« Le service de sécurité ukrainien (SBU) a interdit à la ressortissante russe Yulia Samoilova d’entrer en territoire ukrainien pour une durée de trois ans », a cependant indiqué l’agence de presse russe Interfax, en citant les propos de Yelena Gitlyanskaya, représentante du SBU.

L’agence a justifié sa décision en expliquant qu’en 2015, Yulia Samoilova (aussi connu sous le nom de Yuliya Samoylova) avait chanté en Crimée, une région ukrainienne péninsulaire annexée par la Russie.

Une enquête a été lancée dès l’annonce de la participation de la chanteuse handicapée de 27 ans, avec sa chanson « Flame is Burning »,  et la révélation de son passage en Crimée.

À propos de cette décision, le ministre russe des Affaires étrangères a commenté que les dirigeants ukrainiens ont ainsi fait preuve de faiblesse et montré leur vrai visage concernant les valeurs européennes.

Poursuite du dialogue

L’Union européenne de radio-télévision (UER), organisatrice du concours, a publié une déclaration, confirmant que Yulia Samoilova avait bien été interdite de territoire en Ukraine. « Nous devons respecter les lois nationales du pays d’accueil. Cependant, nous sommes profondément déçus par cette décision, étant donné qu’elle va à l’encontre de l’esprit du concours et de ses valeurs d’intégration », a fait savoir l’UER.

L’organisation, installée en Suisse, a affirmé vouloir poursuivre le dialogue avec les autorités ukrainiennes afin de garantir que tous les artistes puissent participer à l’événement de Kiev.

Officiellement, l’Eurovison est une compétition de chant dépourvue de toute politisation, mais dans les faits, les tensions politiques entre capitales ont souvent miné le concours. L’année dernière, un autre duel entre la Russie et l’Ukraine avait marqué la compétition à Stockholm. La chanteuse ukrainienne, Jamala, avait remporté la compétition, mais les paroles de sa chanson, « 1944 », qui retraçaient l’histoire de la déportation des Tatars de Crimée par Staline, ont été perçues par beaucoup comme politisées, ce qui est contraire aux règles.

L’Eurovision met en lumière le face-à-face Russie-Ukraine

La finale opposera-t-elle les ennemis géopolitiques russes et ukrainiens ? La France parviendra-t-elle enfin à faire fondre les cœurs lors de cette nouvelle édition de l’Eurovision, qui aura lieu le samedi 14 mai à Stockholm ?

Des responsables russes et quelques personnalités politiques en Crimée s’étaient plaints de la chanson, affirmant qu’elle visait à dénigrer la Russie. Les représentants de l’UER avaient cependant jugé que la chanson ne violait pas les règles de la compétition contre le discours politique.