Erasmus s’invite dans les territoires

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Stéphane Troussel en visite dans un collège. [Wikimedia]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Partir en Erasmus, pourquoi pas moi ?.

Notre territoire se caractérise par une ouverture sur l’Europe et le monde. Située au cœur du continent européen, avec un rayonnement culturel qui dépasse largement ses limites géographiques, la Seine-Saint-Denis est riche d’une diversité et d’un dynamisme sans pareils.

Stéphane Troussel est président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.

L’ouverture du territoire de la Seine-Saint-Denis sur le monde et l’Europe va se renforcer au cours des prochaines années. Le monde entier aura les yeux rivés sur la Seine-Saint-Denis avec l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024, événement qui permettra de renforcer les coopérations européennes et internationales du territoire.

Une Europe forte, c’est une Europe des progrès, qui améliore concrètement la vie des citoyens européens et particulièrement aux plus jeunes d’entre eux. En Seine-Saint-Denis, où l’Union européenne a contribué à porter des projets utiles, nous avons notre mot à dire sur le sujet.

Cela fait des années que le projet européen se délite à force de s’éloigner des aspirations des peuples. De quoi meurt l’Union européenne, si ce n’est de ce dogmatisme qui l’éloigne des Européens ?

Erasmus+ de plus en plus populaire en France

Le nombre de bénéficiaires du programme Erasmus + en France a augmenté en 2017, à la faveur d’une augmentation du budget du programme d’échange européen.

 

L’action de l’Union européenne dans les quartiers populaires

À la critique d’une Union européenne désincarnée et inutile, nous pouvons donc opposer cet argument : celui de chercher à diminuer les inégalités sur notre territoire, en finançant des projets tels qu’@ppor, coopération avec des collectivités espagnoles et allemandes visant à renforcer l’orientation des élèves et à valoriser l’apprentissage, ou le dispositif ACTE, qui accompagne les collégiens temporairement exclus de leur établissement grâce au Fonds social européen.

Agir pour l’Europe sociale

Peut-être parviendrons-nous à ce modèle d’Europe sociale, qu’à gauche nous appelons depuis si longtemps de nos vœux, en poussant plus loin ce système de réduction des inégalités grâce à une politique d’investissements volontariste, en premier lieu tournée vers l’accélération de la transition énergétique et écologique, tout en recherchant davantage de convergence sociale et d’harmonisation fiscale.

Ce nivellement par le haut ne sera possible qu’à la condition de doter l’Union européenne de puissants objectifs politiques en la matière. En premier lieu, les Etats membres doivent cesser de tirer chacun la couverture à soi. Ces dernières années, c’est un peu à qui voudra maintenir une PAC forte, à qui voudra des fonds structurels importants, à qui refusera d’accueillir son quota de réfugiés… Il faut reconnaître que l’Union européenne de 2018 n’est plus celle de 1950, et nous assigner des objectifs politiques adaptés aux défis de notre temps : transition écologique, réduction des inégalités, mais aussi prise en compte de la révolution numérique.

Faire de nouveau rêver la jeunesse

À moins d’un an des élections européennes de mai 2019, il est vital de mettre la jeunesse au cœur de l’Union européenne, et de soutenir des projets suscitant l’adhésion et le désir démocratique. Le programme Erasmus est de ce point de vue exemplaire : il laisse à des jeunes gens de toutes les nationalités la possibilité de créer des liens permettant la constitution d’une véritable identité européenne. Malheureusement, Erasmus est encore trop souvent réservé à quelques étudiants aisés ou chanceux.

La création d’un « Erasmus universel » – proposée par l’association anti-raciste Egam – contribuerait à constituer une identité et une société civile européennes, à l’opposé des projets de haine et de renfermement qui ont trop souvent cours aujourd’hui. Construire ensemble un Erasmus pour tous les jeunes implique de faire entendre la voix des premiers concernés, les jeunes et les acteurs du territoire.

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