Selon les médias polonais, l’ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki pourrait avoir été victime du logiciel espion Pegasus sous le précédent gouvernement conservateur Droit et Justice (PiS).
Il y a deux ans, un scandale a éclaté suite aux conclusions du centre de recherche Citizen Lab selon lesquelles les smartphones d’éminents politiques, journalistes et activistes de l’opposition, dont le sénateur Krzysztof Brejza du parti Plate-forme civique (KO, PPE) de Donald Tusk, l’avocat Roman Giertych et plus tard le vice-ministre de l’Agriculture Michał Kołodziejczak, avaient probablement été espionnés par le logiciel espion Pegasus.
Plus récemment, des rapports ont révélé que les responsables politiques du PiS Marek Suski, Ryszard Terlecki et Adam Bielan figuraient parmi les victimes de l’espionnage. La radio privée RMF FM a révélé lundi (12 février) que M. Morawiecki, alors Premier ministre, avait lui aussi été espionné pendant un an et demi.
Si ces allégations sont confirmées, « cela créerait une situation sans précédent » dans la Pologne postcommuniste, ce qui est « inacceptable dans tout pays démocratique », a déclaré M. Brejza, qui est aujourd’hui eurodéputé. Il a annoncé qu’il avait déposé une demande auprès du bureau du ministère public national à ce sujet.
« La surveillance du Premier ministre par les services spéciaux indiquerait que le logiciel espion dont ils disposent est utilisé à mauvais escient pour des luttes de factions au sein du parti PiS », a-t-il fait valoir, rappelant qu’en vertu de la loi polonaise, Pegasus ne peut pas être utilisé « à des fins de contrôle opérationnel ».
En Pologne, toute utilisation du logiciel espion Pegasus constitue un abus de pouvoir criminel, a insisté M. Brejza, car elle implique le délit de transfert et de divulgation d’informations classifiées à des membres non spécifiés de services de renseignement étrangers.
M. Brejza a demandé au parquet national d’interroger M. Morawiecki, le leader du PiS Jarosław Kaczyński, ainsi que l’ancien ministre de l’Intérieur Mariusz Kamiński et l’ancien ministre de la Justice Zbigniew Ziobro « sur leur connaissance de la surveillance illégale de Mateusz Morawiecki, sur les raisons de cette surveillance […] et sur la diffusion du contenu acquis ».
Lorsque le PiS était au pouvoir, les médias ont révélé un conflit entre M. Morawiecki et M. Ziobro, ancien membre du PiS et plus tard dirigeant du parti Pologne souveraine (SP), qui a gouverné avec le PiS en tant que membre junior de la coalition.
L’un des sujets de discorde était la politique européenne, M. Morawiecki privilégiant des relations constructives avec Bruxelles et M. Ziobro étant ouvertement hostile à l’UE. On dit que M. Morawiecki et M. Ziobro espèrent tous deux devenir les leaders du PiS lorsque M. Kaczyński se retirera.


