Les États membres de l’UE sont sur le point de conclure un accord sur un fonds d’aide militaire à l’Ukraine de 5 milliards d’euros, alors que les États-Unis ont approuvé mardi (12 mars) un paquet d’aide militaire provisoire de 300 millions de dollars pour Kiev.
Les États membres de l’UE négocient depuis plusieurs mois la réforme de la Facilité européenne pour la paix (FEP), qui permet aux États membres de l’UE de se faire rembourser les dons d’armement à des pays tiers.
L’année dernière, le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a proposé de créer un nouveau mécanisme spécifiquement destiné à l’aide à Kiev au sein de la FEP : le Fonds d’assistance à l’Ukraine. Ce fonds serait doté d’un budget de 5 milliards d’euros par an pour les quatre années à venir. Toutefois, les États membres sont depuis lors enlisés dans un débat sur la réforme et les modalités de cette aide future.
Des diplomates de l’UE ont indiqué que la France avait insisté sur une clause stricte d’« achat européen » pour les armes éligibles aux remboursements, tandis que l’Allemagne exigeait que l’aide bilatérale qu’elle a fournie soit prise en compte pour déterminer le montant des contributions des pays au fonds.
Mardi, plusieurs diplomates européens ont confié à Euractiv qu’un compromis qui permettrait une certaine flexibilité sur la clause chère aux français avait été trouvé. Ce dernier prendrait également en compte l’aide bilatérale tout en n’autorisant pas les pays à compenser complètement cette aide par leurs contributions au fonds.
Ils ont ajouté que l’accord devrait normalement être approuvé par les ambassadeurs de l’UE lors de leur réunion à Bruxelles mercredi (13 mars).
Les diplomates européens ont déclaré que l’accord sur les modalités du fonds devrait permettre aux États membres de l’UE de se mettre d’accord sur l’envoi d’une première tranche de 5 milliards d’euros.
Lors de leur sommet de la semaine prochaine (21-22 mars), les dirigeants de l’UE devraient « saluer [l’adoption de] la décision du Conseil relative au Fonds d’assistance à l’Ukraine, qui garantit la poursuite du soutien militaire à l’Ukraine dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix », peut-on lire dans les premières ébauches de conclusions de la rencontre, consultées par Euractiv.
300 millions de dollars du côté américain
Parallèlement aux discussions de l’UE, de l’autre côté de l’Atlantique, le Congrès américain bloque un paquet d’aide militaire à Kiev de 60 milliards de dollars.
La Maison Blanche s’est efforcée de trouver des moyens d’accroître l’aide militaire américaine, compte tenu de la situation sur le champ de bataille en Ukraine et de la résistance des républicains au Congrès.
L’administration de Joe Biden a donc annoncé mardi que Washington allait octroyer à l’Ukraine un nouveau programme d’aide militaire provisoire doté de 300 millions de dollars, une somme provenant des économies récemment réalisées dans le cadre des contrats de l’armée.
La Maison Blanche a indiqué que ces montants serviraient à l’achat d’obus d’artillerie et de munitions pour les systèmes de roquettes d’artillerie à grande mobilité (HIMARS).
« Ces munitions permettront à l’Ukraine de continuer à se battre pendant un certain temps, mais seulement pendant une courte période », quelques semaines seulement, a déclaré le conseiller américain à la Sécurité nationale, Jake Sullivan, à la presse à Washington.
« Cela est loin d’être suffisant pour répondre aux besoins de l’Ukraine sur le champ de bataille, et cela n’empêchera pas l’Ukraine de tomber à court de munitions », a noté M. Sullivan.
Le président républicain de la Chambre des représentants des États-Unis, Mike Johnson, un allié clé de l’ex-président Donald Trump, a jusqu’à présent refusé de tenir un vote sur un projet de loi qui permettrait de fournir 60 milliards de dollars à l’Ukraine. La mesure a été adoptée par le Sénat, dirigé par les démocrates.
En Ukraine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré lundi (11 mars) que Kiev avait amélioré sa position stratégique vis-à-vis des troupes russes malgré les pénuries d’armes, mais il a laissé entendre que la situation pourrait changer à nouveau si de nouvelles livraisons n’arrivaient pas rapidement.
Début février, le président ukrainien avait en effet averti que la Russie préparerait une nouvelle offensive contre l’Ukraine, qui serait lancée au plus tard au mois de mai.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


