Le Fonds européen d’investissement (FEI) a créé vendredi (12 janvier) un mécanisme de fonds propres de défense de 175 millions d’euros afin de stimuler l’innovation dans le domaine de la défense au sein des PME de l’Union européenne.
« La Commission européenne et le Groupe Banque européenne d’investissement renforcent leur coopération pour soutenir les investissements dans les technologies de défense innovantes en lançant un mécanisme de fonds propres de défense doté de 175 millions d’euros pour soutenir les fonds de capital-investissement et de capital-risque qui financent des technologies de défense innovantes ayant un potentiel d’usage double », a annoncé le FEI.
L’instrument « stimulera le développement d’un écosystème de fonds privés investissant dans l’innovation en matière de défense et à améliorer l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises actives dans ce secteur », peut-on lire dans un communiqué.
Les industries de défense établies au sein de l’UE ont déclaré qu’elles étaient victimes de discrimination dans l’accès aux fonds privés et publics, car la volonté des banques d’accorder des prêts diminue, ce qui entrave leurs opportunités de bénéficier d’investissements. Les ministres européens de la Défense ont soutenu le point de vue de l’industrie dans une déclaration en novembre dernier.
L’annonce fait également suite aux requêtes des dirigeants de l’UE « en faveur d’un renforcement du rôle du Groupe Banque européenne d’investissement afin de favoriser la sécurité et la défense en Europe, en s’appuyant sur l’initiative stratégique pour la sécurité européenne mise en place par le FEI ».
Le FEI fait partie du Groupe Banque européenne d’investissement et est détenu majoritairement par la Banque européenne d’investissement (BEI). Son objectif est d’investir dans les petites et moyennes entreprises (PME), les start-ups et les entreprises de taille intermédiaire (ETI).
Pour ce faire, elle utilise du capital-risque et des instruments de financement des risques, c’est-à-dire des investisseurs privés qui investissent dans des entreprises malgré un risque élevé d’échec, dans le but de promouvoir l’innovation.
Avec ce mécanisme, le Groupe BEI et la Commission européenne « disposeront d’un nouvel outil financier pour investir dans les PME et les ETI actives dans le domaine de l’innovation en matière de défense et pour soutenir la compétitivité européenne », a déclaré un porte-parole du FEI à Euractiv.
Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a déclaré jeudi (11 janvier) que le nouveau mécanisme était « très important ». « La BEI est trop prudente sur ce point [le financement de la défense], et je continue à dire que puisque son but est de financer les mesures politiques de l’Union, elle devrait également financer l’industrie [de la défense] », a déclaré M. Breton, qui est également chargé de la défense.
M. Breton a présenté son idée consistant à partager les risques financiers encourus par les industries qui investissent dans l’augmentation de leurs capacités de production avant même que les contrats ne soient conclus.
Usage double uniquement
Selon l’initiative stratégique pour la sécurité européenne (ISSE) de la BEI, qui a investi 14 millions d’euros dans l’innovation, les infrastructures de sécurité et la technologie, le mécanisme ne financera que des projets à double usage, c’est-à-dire des projets qui ont des applications à la fois civiles et militaires.
En ce qui concerne le processus de sélection de l’industrie bénéficiaire de l’investissement, les fonds seront évalués « à la fois du point de vue de la pertinence stratégique et du point de vue commercial », a déclaré le porte-parole du FEI.
Le capital-investissement ou le capital-risque investi dans les industries de défense plus modestes « se concentrera sur les solutions et les technologies du secteur de la défense qui accélèrent l’évolution de la base technologique et industrielle de la défense européenne », a-t-il déclaré.
Ces activités comprennent la recherche et le développement, la fabrication et la maintenance de produits de défense existants ainsi que des « technologies essentielles de défense futures et émergentes ayant un potentiel de double usage ».
Les projets peuvent couvrir tous les domaines (cybernétique, spatial, aérien, terrestre, naval), en particulier les systèmes sous-marins, l’action dans le domaine médical, les capteurs, la transformation numérique, la résilience énergétique et la transition écologique.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]



