Dépenses de défense : 18 des 31 membres de l’OTAN atteindront l’objectif de 2 % de PIB cette année

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). [EPA-EFE/JIM LO SCALZO]

Sur les 31 pays membres de l’OTAN, 18 atteindront l’objectif de 2 % du PIB consacré à la défense en 2024, selon les estimations présentées par le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg mercredi (14 février).

« Cette année, je m’attends à ce que 18 alliés dépensent 2 % de leur PIB pour la défense, soit plus de la moitié des membres », a déclaré M. Stoltenberg aux journalistes avant la réunion des alliés de l’Ukraine qui aura lieu cette semaine et avant une réunion séparée des ministres de la Défense de l’OTAN visant à préparer le sommet de l’alliance qui se tiendra en juillet à Washington. Il n’a pas précisé de quels pays il s’agissait.

En 2024, l’Europe et le Canada investiront à eux seuls « 819 milliards de dollars dans la défense, ce qui représente 2 % de leur PIB combiné », a-t-il indiqué, soulignant qu’il s’agissait d’une « multiplication par six par rapport à 2014 ».

Cette annonce intervient quelques jours après que le candidat à la présidentielle américaine Donald Trump a critiqué les membres de l’alliance militaire pour leur manque d’investissements dans la défense. Le milliardaire américain avait également suggéré que les États-Unis ne protégeraient pas les « mauvais payeurs », c’est-à-dire les alliés qui n’atteindraient pas l’objectif des 2 %.

Donald Trump : les États-Unis ne protégeront pas les « mauvais payeurs » de l’OTAN, les Européens réagissent

Donald Trump a laissé entendre que les États-Unis pourraient ne pas venir en aide aux alliés qui ne consacrent pas assez de leur budget à la défense dans l’éventualité d’une attaque de la Russie — des propos qui ont suscité un tollé parmi les alliés, notamment européens.

Alors que presque tous les membres de l’OTAN se sont engagés à augmenter leurs dépenses de défense à la suite de la guerre en Ukraine en 2022, seuls sept alliés sur trente ont effectivement consacré 2 % de leur PIB à la défense cette année-là.

Toutefois, l’année 2023 a été marquée par une « augmentation sans précédent de 11 % [des dépenses en matière de défense] », a noté M. Stoltenberg.

Cette augmentation des dépenses montre que « les alliés européens dépensent plus » et que « nous faisons de réels progrès », a déclaré le chef de l’OTAN.

Gagner la confiance de Donald Trump

Trois diplomates de l’Alliance ont confié à Euractiv que les pays membres devaient montrer à Donald Trump qu’ils investissaient désormais davantage et qu’ils devaient promettre publiquement de continuer à le faire pour gagner la confiance de l’ex-président avant l’élection présidentielle de novembre.

Après les années de sous-investissement qui ont suivi la Guerre froide, les dépenses en matière de défense ont commencé à augmenter à nouveau en 2014 en raison de la guerre dans l’est de l’Ukraine, puis se sont accrues lorsque Donald Trump, alors président, a averti les alliés occidentaux que les États-Unis pourraient abandonner leurs engagements dans le cadre du traité de l’OTAN. Les dépenses ont continué à augmenter par la suite, et notamment lorsque la Russie a lancé son invasion de l’Ukraine en février 2022.

Les remarques de M. Trump durant son premier mandat avaient également incité le président français Emmanuel Macron à plaider en faveur d’une Europe plus autonome plutôt qu’une Europe qui dépend fortement des États-Unis pour sa sécurité.

Afin de montrer leur engagement pour une augmentation sérieuse des dépenses de défense, les pays de l’OTAN ont accepté, lors d’un sommet à Vilnius en juillet dernier, de considérer l’objectif de dépenses de 2 % du PIB comme un minimum plutôt que comme un plafond, comme c’était le cas auparavant.

M. Stoltenberg a encouragé tous les alliés à continuer à investir et à respecter la décision d’investir au moins 2 % de leur PIB dans la défense. « Toutefois, certains alliés ont encore du chemin à faire », a-t-il déclaré aux journalistes.

« Nous avons convenu lors du sommet que tous les alliés devaient investir 2 %, et il s’agit d’un minimum », a-t-il rappelé.

Lors du sommet de Vilnius, les dirigeants ont décidé de « renforcer la défense et la dissuasion, et la mise en œuvre de ces plans exige maintenant d’investir davantage », a poursuivi le chef de l’alliance militaire.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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