« Faire mieux et différemment » : Paris espère harmoniser les efforts européens de soutien à l’Ukraine

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Le président français Emmanuel Macron a pris la tête de l’organisation de la conférence après avoir signé un accord bilatéral de sécurité avec le Premier ministre ukrainien Volodymyr Zelensky la semaine dernière à Paris. L’Allemagne, le Canada, le Danemark et l’Italie ont également participé à cette conférence la semaine dernière. [SARAH MEYSSONNIER / POOL/EPA]

Cet article a été mis à jour pour préciser que le vice-ministre italien Edmondo Cirielli sera présent lors de la conférence.

Paris accueillera lundi (26 février) 20 chefs d’État pour mobiliser les capacités de production européennes et explorer les moyens de mieux soutenir l’Ukraine, alors que la guerre entame sa troisième année.

Le président français Emmanuel Macron a pris la tête de l’organisation de la conférence après avoir signé un accord bilatéral de sécurité avec le Premier ministre ukrainien Volodymyr Zelensky la semaine dernière à Paris. L’Allemagne, le Canada, le Danemark et l’Italie ont également participé à cette conférence la semaine dernière.

Le sommet revêt un « caractère exceptionnel [dans] un contexte de très haute volatilité », a déclaré l’Élysée. Il vise à mieux aligner les capacités financières et militaires des États membres de l’UE alors que la Russie durcit sa position à l’égard de l’Ukraine et d’autres pays occidentaux.

Samedi (24 février), alors que la guerre entrait dans sa troisième année, les membres du G7 se sont réunis en ligne pour réaffirmer leur soutien à l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudra ».

Cette décision intervient dans un contexte de difficultés militaires et financières pour l’Ukraine, deux ans après le début de l’invasion massive par la Russie, et de menaces d’un retrait des États-Unis de l’alliance militaire de l’OTAN si le candidat républicain Donald Trump est réélu en novembre.

Quelque 26 pays seront représentés lundi et 21 chefs d’État et de gouvernement seront présents, notamment le Polonais Andrzej Duda, l’Allemand Olaf Scholz, le Néerlandais Mark Rutte et l’Espagnol Pedro Sánchez. Les États-Unis et le Canada seront représentés par des ministres, et le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, sera également présent.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni ne sera pas à Paris, se faisant représenter par Edmondo Cirielli, vice-ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale.

M. Zelensky devrait faire une déclaration inaugurale par vidéoconférence aux côtés d’Emmanuel Macron.

Chypre, la Hongrie et Malte devraient être absents du sommet.

Après deux ans de guerre en Ukraine, le soutien de l’UE face à un moment décisif

Deux ans après le début de la guerre russe en Ukraine, l’UE est à un carrefour, s’interrogeant sur la stratégie à adopter durant les douze prochains mois ainsi que sur la manière dont les États membres pourront maintenir leur soutien à Kiev dans cette période critique.

Faire mieux et différemment

Depuis des mois, M. Zelensky avertit la communauté internationale que l’Ukraine manque de munitions et de systèmes de défense aérienne, ce qui entrave la capacité du pays à repousser les attaques russes.

La promesse de l’UE de livrer un million de munitions d’ici au printemps, grâce à des financements et à la participation d’entreprises européennes, n’a pas été tenue et seule la moitié environ sera livrée d’ici là.

Le plus haut diplomate de l’Union, Josep Borrell, a exhorté les pays de l’UE à chercher d’autres moyens d’acheter du matériel non européen.

Entre-temps, de nombreux désaccords subsistent sur la question de savoir si le nouveau fonds européen d’aide militaire à l’Ukraine doit être consacré à l’achat d’équipements de défense non européens, et les règles de remboursement menacent la capacité du mécanisme de solidarité à répondre aux besoins immédiats.

La France a clairement indiqué qu’elle souhaitait donner la priorité aux obus et armes fabriqués dans l’UE dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix (FEP), le mécanisme de financement hors budget de l’UE utilisé pour rembourser les États membres pour leurs livraisons d’armes à l’Ukraine dans le but de stimuler la capacité industrielle de l’Union.

L’objectif est de chercher à répondre aux besoins stratégiques immédiats et à long terme, a soutenu l’Élysée, affirmant que les Européens « doivent chercher à faire les choses mieux et différemment, afin d’être plus efficaces et plus robustes collectivement, compte tenu des capacités [de production] de chaque État membre ».

Les participants échangeront leurs points de vue, évalueront ensemble la situation sur le terrain et verront comment adapter leur action commune dans des domaines aussi variés que la cybersécurité, la défense aérienne, le déminage, l’accès aux drones, ou encore la formation des troupes ukrainiennes, a précisé l’Élysée.

Le sommet aura également pour objectif de faire comprendre au grand public que ce qui se passe en Ukraine menace non seulement la souveraineté d’une nation, mais aussi la stabilité de l’Europe dans son ensemble.

Bulgarie : un parti pro-Poutine rejoint le groupe parlementaire du Rassemblement national au Parlement européen

Le parti d’extrême droite pro-russe Vazrazhdane a rejoint mercredi le groupe parlementaire d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen. Il y a quelques semaines encore, les députés du parti étaient à Moscou sur invitation du parti de Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine ne doit pas se faire d’illusion

« [Vladimir] Poutine ne doit pas se faire d’illusions, l’UE sera toujours derrière l’Ukraine», a déclaré l’Élysée, niant tout sentiment de pessimisme croissant dans les capitales européennes : « Nous ne sommes ni pessimistes ni moroses ».

En revanche, il ne devrait pas y avoir de nouvelles annonces sur la fourniture d’armes. Les regards sont tournés vers l’Allemagne pour débloquer la livraison de missiles Taurus à longue portée, que M. Scholz a jusqu’à présent exclue, allant à l’encontre des demandes de sa propre coalition.

«Il faut puiser dans nos stocks nationaux et ne pas reculer devant l’urgence d’acheter dans des pays non-UE », a déclaré Bernard Guetta, un eurodéputé du groupe libéral Renew, à Euractiv au cours du week-end.

Il espère que le sommet aidera les États membres à s’entendre sur un nouveau financement de la défense à l’échelle de l’UE et à convenir d’un nouveau cycle de dette commune à moyen terme pour soutenir Kiev de manière plus efficace.

Des dirigeants européens comme Emmanuel Macron, l’Estonienne Kaja Kallas et le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton ont tous récemment appelé à des « euro-obligations de défense ».

«Cette position est en train de faire son chemin dans beaucoup d’autres capitales », a déclaré M. Guetta.

M. Zelensky se rendra à Tirana en Albanie mercredi (28 février), où il participera à un sommet entre l’Ukraine et l’Europe du Sud-Est dirigé par le Premier ministre albanais Edi Rama, afin d’obtenir davantage de soutien dans la région.

Aurélie Pugnet a contribué à la rédaction de cet article.

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