La Suède devient officiellement membre de l’OTAN, après 200 ans de non-alignement militaire

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« La Suède met fin à 200 ans de neutralité et de non-alignement militaire. Il s’agit d’une étape importante, mais également d’une étape très naturelle », a déclaré le Premier ministre Ulf Kristersson. [EPA-EFE/JAVAD PARSA]

La Suède est devenue le 32e membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ce jeudi (7 mars) après que le Premier ministre Ulf Kristersson a remis les documents d’adhésion au Département d’État américain. Cet évènement met fin à plus de deux siècles de non-alignement militaire.

Près de deux ans après avoir déposé sa candidature à l’adhésion à l’alliance militaire, la Suède est officiellement devenue le 32e membre de l’OTAN lorsque le Premier ministre suédois a remis les documents d’adhésion de son pays au secrétaire d’État américain, Anthony Blinken — gardien du traité fondateur de l’Alliance — à Washington.

M. Kristersson a évoqué un « jour historique » et a remercié les États-Unis pour les efforts qu’ils ont déployés tout au long du processus d’adhésion. Il a ajouté que la défense suédoise pouvait contribuer de toutes les manières possibles à la sécurité de l’OTAN.

« La Suède met fin à 200 ans de neutralité et de non-alignement militaire. Il s’agit d’une étape importante, mais également d’une étape très naturelle », a-t-il déclaré lors de la remise des documents.

« C’est officiel, la Suède est désormais le 32e membre de l’OTAN et prend la place qui lui revient à notre table. L’adhésion de la Suède rend l’OTAN plus forte, la Suède et l’Alliance dans son ensemble plus sûres », a pour sa part commenté le secrétaire général de l’organisation, Jens Stoltenberg, sur X.

« L’adhésion d’aujourd’hui montre que la porte de l’OTAN reste ouverte et que chaque nation a le droit de décider de son propre chemin », a-t-il ajouté par voie de communiqué.

La Suède a pu officialiser son adhésion après que la Hongrie a remis à Washington, plus tôt dans la journée, ses documents d’approbation de la candidature suédoise.

La Hongrie a été le dernier membre de l’Alliance à donner son feu vert à Stockholm, puisqu’elle n’a donné son accord qu’en début de semaine.

Budapest avait retardé sa décision, estimant que la Suède considérait son adhésion à l’OTAN comme acquise, insistant sur le fait que Stockholm devait faire ses preuves pour pouvoir rejoindre l’organisation. Ce blocage était également un signe d’opposition aux allégations suédoises de violations de l’État de droit formulées à l’encontre du gouvernement de Viktor Orbán.

La Suède a officiellement déclaré la guerre pour la dernière fois en 1814, lors de la guerre suédo-norvégienne. Depuis lors, le pays a pris part à des missions militaires, mais il ne s’agissait pas de guerres formellement déclarées, et Stockholm est restée neutre pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Enfin », s’est réjoui Micael Bydén, commandant en chef des forces armées suédoises, jeudi, avant d’ajouter que son pays était tout à fait prêt, puisqu’il se prépare à ce moment depuis près de deux ans.

Le drapeau suédois devrait être hissé au siège de l’OTAN à Bruxelles lundi prochain (11 mars).

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Intégration des forces suédoises

La Suède entame maintenant la phase d’intégration aux structures de l’OTAN, y compris aux plans de défense et de dissuasion de l’Alliance. Ce processus peut prendre plusieurs années.

Pour les forces armées suédoises, cela signifie dans l’immédiat un accès plus complet aux informations du renseignement des alliés.

« Nous avons désormais accès à des informations que nous ne pouvions pas obtenir avant de devenir membre de l’OTAN », a déclaré M. Bydén.

Il a expliqué que les forces armées finlandaises ont conseillé à leurs homologues suédoises de se préparer à la période intense qui va inévitablement suivre l’adhésion effective du pays à l’Alliance.

Les forces aériennes et navales suédoises seront intégrées dans les structures de commandement de l’OTAN, notamment pour la réponse aux incidents aériens et la surveillance maritime de la mer Baltique.

Fort de sa longue tradition navale, le nouveau membre de l’alliance militaire apporte à l’OTAN une marine parfaitement adaptée à la mer Baltique, une armée de l’air équipée d’avions de combat Saab Gripen développés dans le pays, ainsi qu’une industrie de la défense « locale ».

« Nous continuerons à faire une grande partie de ce que nous faisions, mais nous le ferons sous l’égide de l’OTAN », a noté M. Bydén.

Un autre changement majeur sera la participation à la planification de la défense de l’OTAN, avec l’affectation d’environ 250 officiers suédois au siège de l’organisation.

Selon M. Bydén, il s’agit là d’un défi, mais la Suède aura cinq ou six ans pour le relever efficacement et remplacer le personnel envoyé au siège de l’OTAN au sein de la Défense suédoise.

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[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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