Deux ans après le dépôt de sa demande d’adhésion à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le drapeau de la Suède a enfin été hissé au siège de l’alliance militaire à Bruxelles lundi (11 mars), le Premier ministre suédois Ulf Kristersson déclarant que son pays était « à la maison ».
De nombreuses personnalités, dont la princesse héritière de Suède Victoria, l’ensemble du gouvernement suédois et les dirigeants des six principaux partis politiques du pays, ont assisté à la cérémonie organisée au siège de l’OTAN, au nord de Bruxelles.
« Nous sommes arrivés à la maison, dans l’alliance pour la paix et la liberté à laquelle tant de démocraties appartiennent déjà », a déclaré le Premier ministre Ulf Kristersson aux journalistes avant que le drapeau ne soit hissé.
La Suède est officiellement devenue le 32e membre de l’OTAN la semaine dernière, après que le Premier ministre a remis les documents d’adhésion au Département d’État américain, mettant ainsi fin à plus de deux siècles de non-alignement militaire.
« La Russie restera une menace pour la sécurité euroatlantique dans un avenir proche », a également déclaré M. Kristersson lundi, ajoutant que l’alliance devait rester « en alerte ».
L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a été un tournant pour la Suède et son voisin, la Finlande, qui ont tous deux décidé de demander à rejoindre l’alliance militaire quelques mois plus tard.
En rejoignant l’OTAN, la Suède et la Finlande obtiennent la garantie de sécurité de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord — traité fondateur de l’OTAN — qui prévoit qu’une attaque contre un État membre est considérée comme une attaque contre tous.
« Nous vous avons choisis et vous nous avez choisis. Un pour tous, tous pour un », a conclu M. Kristersson lors de la cérémonie à laquelle assistait également le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.
« La Suède a pris la place qui lui revient à la table de l’OTAN », a pour sa part affirmé M. Stoltenberg, ajoutant qu’il s’agissait d’un jour « historique ».
La Hongrie, dernier membre de l’OTAN à avoir donné son feu vert à l’adhésion de Stockholm, n’a donné son accord que la semaine dernière. Budapest a longuement bloqué le processus, estimant que la Suède considérait son adhésion à l’OTAN comme acquise et s’opposant aux allégations de violations de l’État de droit formulées par la Suède à l’encontre du gouvernement de Viktor Orbán.
Pas d’armes nucléaires ni de bases sur le sol suédois
L’adhésion de la Suède a permis à l’Alliance de commencer à intégrer le pays dans ses plans de défense et de dissuasion. Toutefois, l’intégration complète peut prendre plusieurs années.
« Pour être honnête, nous nous sommes préparés à cela depuis un certain temps. En fait, cela fait 30 ans, mais plus précisément ces deux dernières années », a déclaré M. Kristersson lors de la conférence de presse.
« Nous entrons à présent dans une nouvelle ère. Nous allons passer du statut de suiveur de l’OTAN à celui d’acteur de l’OTAN », a-t-il ajouté.
Fort de sa longue tradition navale, le nouveau membre de l’alliance militaire apporte à l’OTAN une marine parfaitement adaptée à la mer Baltique, une armée de l’air équipée d’avions de combat Saab Gripen développés dans le pays, ainsi qu’une industrie de la défense « locale ».
L’adhésion de la Suède intervient également à l’occasion d’un exercice militaire intitulé « Nordic Response » qui se déroule en Norvège et auquel participent, du 3 au 14 mars, plus de 20 000 soldats de 13 pays alliés. Ces exercices ont lieu tous les deux ans dans le nord de la Norvège.
Toutefois, M. Kristersson a précisé sa position sur la stratégie nucléaire de l’OTAN.
« Nous ne voyons pas la nécessité pour la Suède d’accueillir des bases permanentes ou des armes nucléaires sur son sol », a-t-il déclaré.
M. Stoltenberg a ajouté qu’il n’était pas nécessaire d’augmenter le nombre d’alliés de l’OTAN hébergeant des armes nucléaires et qu’il n’était pas prévu de déployer un groupement tactique en Suède, comme c’est déjà le cas dans les pays baltes. Il a ajouté qu’il appartenait au gouvernement suédois de décider s’il envisageait de le faire à l’avenir.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


