Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a confirmé mercredi (3 avril) que les membres de l’Alliance envisageraient de jouer un rôle de coordination plus important dans les livraisons d’aide militaire à l’Ukraine et d’offrir à ce pays de nouvelles possibilités de financement.
Toutefois, les discussions étant en cours, on ne sait pas encore exactement à quoi ressemblera l’aide à la formation et à la sécurité pour l’Ukraine, ni ce que signifie l’«institutionnalisation» de l’aide.
S’adressant aux journalistes après une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles, M. Stoltenberg a déclaré : «Il existe différents moyens de faire en sorte que notre soutien dépende moins d’offres volontaires à court terme et davantage d’engagements à long terme, et que nous disposions d’une organisation plus forte qui crée un cadre plus solide pour notre soutien».
«Il ne s’agit pas seulement d’aide en matière de sécurité, mais aussi de formation et de financement», a-t-il ajouté.
Selon le chef de l’OTAN, «les Alliés sont d’accord pour aller de l’avant dans la planification du rôle de l’OTAN dans la coordination de l’assistance et de la formation en matière de sécurité».
Les membres de l’OTAN envisagent de transférer la coordination des livraisons militaires à l’Ukraine du format ad hoc de Ramstein, dirigé par les États-Unis, aux institutions de l’OTAN, et de créer un fonds de 100 milliards d’euros destiné à garantir un soutien à long terme et d’être en mesure de faire face à tout changement politique majeur au sein de l’alliance militaire occidentale.
«Nous avons discuté de la manière d’asseoir notre soutien sur une base plus solide et plus durable pour l’avenir […] ne vous y trompez pas, l’Ukraine a besoin d’un soutien important aujourd’hui et à long terme», a-t-il souligné.
Bien que M. Stoltenberg ait parlé du rôle accru de l’OTAN dans la coordination, il n’a pas commenté sa proposition visant à créer un fonds de 100 milliards d’euros pour l’aide militaire à l’Ukraine, se contentant d’évoquer le «financement» comme moyen d’améliorer le soutien.
«Je n’entre pas dans les détails des propositions […] J’en ai discuté avec l’Ukraine, j’en ai discuté avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, et nous en discuterons également demain» avec les ministres des Affaires étrangères, a déclaré le chef de l’OTAN, se gardant d’anticiper les résultats de la discussion.
«Les détails prendront forme dans les semaines à venir», a-t-il ajouté.
Les membres de l’Alliance transatlantique prévoient de discuter de la proposition en vue de l’adopter lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra à Washington du 9 au 11 juillet. Toutefois, des négociations intenses se poursuivront, car de nombreuses questions restent en suspens.
Parmi les détails sur lesquels les membres devront se mettre d’accord figurent les tâches que l’OTAN pourrait prendre en charge et la question de savoir si elles incluraient la coordination de l’aide militaire et son acheminement sur le territoire ukrainien.
Le calendrier d’acheminement de l’aide, le nombre et le type de personnel à engager, ainsi que les coûts impliqués doivent également être décidés.
La création d’un fonds soulève des questions quant à sa valeur, à l’origine de l’argent et à son utilisation.


