Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé que les membres de l’OTAN envisageraient de renforcer les liens avec les nations du Moyen-Orient et d’Afrique et établiraient une nouvelle stratégie d’ici le mois de juillet, à l’issue de débats avec les ministres des Affaires étrangères jeudi (4 avril).
Jens Stoltenberg a reçu le mois dernier un rapport d’experts indépendants destiné à « fournir à l’OTAN des conseils pour mieux répondre aux enjeux auxquels nous sommes confrontés, mais aussi aux occasions qui s’offrent à nous ».
Le rapport et les recommandations des experts devraient être publiés avant le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN qui se tiendra à Washington du 9 au 11 juillet.
« Nous espérons tirer des conclusions ambitieuses […] à Washington en juillet », a annoncé M. Stoltenberg, sans donner de détails sur la nature de la nouvelle stratégie.
Cette dernière concernera notamment « le terrorisme, l’instabilité, mais aussi les valeurs et les possibilités de collaboration avec nos voisins d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient », a-t-il ajouté.
L’alliance militaire cherche à améliorer ses relations et son partenariat de sécurité avec son « voisinage méridional », dans l’espoir de stabiliser ses environs et de combattre, ou du moins d’égaler, l’influence croissante de la Chine et de la Russie dans la région.
Néanmoins, ces ambitions pourraient se heurter à des obstacles en raison des différentes approches des membres de l’OTAN envers ces pays et leurs gouvernements.
Les États de l’alliance occidentale sont confrontés au difficile enjeu de donner à leurs voisins du sud davantage que la Chine et la Russie, qui proposent des accords attrayants concernant l’énergie ou les livraisons d’armes, sans soulever de préoccupations en matière de droits de l’homme.
L’Occident a également fait l’objet de critiques au début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, à cause de sa demande de soutien illimité à Kiev de la part des pays du monde entier, y compris ceux qui préféraient rester neutres, parfois en raison de leurs liens avec Moscou.
Un besoin de dialogue
La nécessité de « dialoguer » avec les pays du flanc méridional est souvent réitérée, certains alliés reprenant l’idée d’ouvrir des bureaux de l’OTAN dans la région et de s’implanter plus fermement à proximité de potentiels partenaires gouvernementaux et de sécurité0.
Des idées concernant d’autres possibilités de dialogue sont également envisagées, notamment des invitations aux réunions des ambassadeurs de l’OTAN.
D’après deux diplomates au fait des discussions, certains pays considèrent que la stratégie ne devrait pas se concentrer uniquement sur la « bataille des récits », mais devrait plutôt viser à définir une relation de sécurité avantageuse pour les deux parties, par exemple en matière de protection contre les cybermenaces.
« Nous parlons d’un grand nombre de pays différents, d’enjeux différents, d’occasions différentes », a déclaré M. Stoltenberg, sans citer de pays en particulier.
L’OTAN a déjà des partenariats avec plusieurs pays de son voisinage méridional, comme la Jordanie, la Tunisie ou la Mauritanie, ainsi qu’une mission de formation en Irak.
Les conséquences potentielles d’une influence étrangère incontrôlée sont visibles dans les relations entre la Russie et l’Iran.
Un responsable de l’OTAN a indiqué que l’Iran aide la Russie en lui fournissant des équipements de guerre tels que de l’artillerie, des missiles et des drones, dans ce qu’il a qualifié de « coopération sans précédent en matière de défense » entre les deux pays. Par ailleurs, l’Iran cherche également à obtenir de la Russie des équipements militaires d’une valeur de plusieurs milliards de dollars.
[Édité par Anna Martino]



